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«Chanter Hoffmann, ce n'est pas comme chanter Werther»

Opéra Pour le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach, l'Opéra de Lausanne ouvre sa saison avec une production des contes d'Hoffmann signée Stefano Poda. Le ténor Jean-François Borras explique ce rôle.

«Chanter Hoffmann, ce n'est pas comme chanter Werther»

Entretien: Magaly Mavilia

Tandis que le public lyrique rajeunit, les spectacles sont de plus en plus audacieux. A l'image des contes d'Hoffmann, une œuvre inclassable qui narre la destinée d'un héros à la poursuite de la femme idéale.

Jean-François Borras, vous interprétez Hoffmann, l'un des rôles-titres les plus exigeants du répertoire français. Comment se prépare-t-on à une telle performance?

On prend des vacances pour s'y consacrer (rires). Il m'aurait été impossible de travailler ce rôle entre deux spectacles. On ne chante pas Hoffmann comme on chante Werther. Offenbach écrivait plus de musique que nécessaire pour faire un opéra et il est mort peu avant la première, il n'y a donc pas de version officielle et l'on ne peut pas dire «j'ai déjà chanté le rôle». Après Lausanne, je suis invité à Seoul pour une version qui sera très différente.

De l'Opéra de Paris aux Arènes de Vérone, vous avez chanté sur les plus grandes scènes d'Europe, d'Asie et aux Etats-Unis. Quelle différence avec l'Opéra de Lausanne?

C'est un théâtre très agréable. Éric Vigié a programmé cet opéra en début de saison afin que nous puissions répéter un maximum sur le plateau. Ce travail sur scène est rare mais vraiment important. La version sera belle. J'aime beaucoup ce que fait Stefano Poda. Il se permet des mises en scène non conventionnelles et j'espère que le public appréciera.

Date:26.09.2019
Parution: 966

Trois questions à Éric Vigié: directeur de l’Opéra de Lausanne « Le public ne sait plus où aller

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Éric Vigié, qu’est-ce qui a changé dans le monde de la musique classique et de la culture depuis votre arrivée à la tête de l’Opéra de Lausanne, il y a 15 ans. 

Il y a une forte augmentation de l’offre de musique classique, et heureusement peu de spectacles lyriques de qualité. Il faudrait contenir la démultiplication exponentielle sur l’arc lémanique de concerts et manifestations culturelles tout azimut. Il y a une tendance à se cannibaliser les uns les autres, à capter les publics qui se déplacent plus difficilement, et enfin à préempter les possibles mécènes et sponsors. Le meilleur exemple est la baisse de fréquentation des festivals cet été: le public ne sachant plus où aller et n’ayant pas des ressources financières illimitées.

Parmi les temps forts de la saison 2019-2020, une création inédite qui vous tient à cœur depuis longtemps, un opéra qui raconte les derniers jours du Major Davel. Une œuvre 100% vaudoise puisque vous en avez confié l’écriture à René Zahnd et la musique à Christian Favre. Racontez-nous ce coup de folie?

En arrivant à Lausanne en 2004, j’ai été fasciné par Davel et je me suis promis de créer un opéra sur sa vie. Le sujet ferait, sans aucun doute, un grand spectacle, et surtout laisserait un témoignage historique, musical et théâtral de cet homme héroïque et un peu oublié.

La musique classique fascine de plus en plus les jeunes générations. Est-ce le cas pour l’opéra?

Depuis plus de 20 ans, nous avons mis en place une politique de médiation culturelle avec les écoles. L’aide des professeurs est primordiale dans l’éducation artistique des jeunes. Nos activités pour les plus petits et les abonnements familles et étudiants attirent les jeunes. 15% de notre public a moins de 26 ans. C’est un bon chiffre.

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