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Craintes autour du dézonage des vignes

Aménagement du territoire Au 30 septembre, près de 150 oppositions ont été faites au Plan cantonal Lavaux, émanant de privés et d'organisations. En cause, des parcelles de vignes «dézonées» et des obligations «inapplicables». Le Canton rassure.

Helvetia Nostra, Pro Natura Vaud, Pro Riviera et Sauver Lavaux craignent un mitage du territoire.DR

Magaly Mavilia

Des parcelles de vignes dézonées et des obligations qui pourraient «figer une région au risque de la voir disparaître», selon la Fédération vaudoise des vignerons, section Lavaux (FVVL). Si les revendications des uns ne sont pas celles des autres, une constante émerge: celle de ne pas avoir été entendu par le Canton. Au point que 136 oppositions individuelles, deux oppositions collectives regroupant neuf personnes ou entités, et deux interventions (chiffres provisoires à l'heure de mettre cet article sous presse) ont été faites au projet de plan d'affectation cantonal (PAC) Lavaux, dont la mise à l'enquête publique par le Service du développement territorial (SDT) courait du 28 août au 26 septembre.

Contradiction ou cohérence?

«C'est le contraire du bon sens». Vigneron-encaveur, Maurice Neyroud est locataire de l'Etat de Vaud d'une partie d'une parcelle louée à plusieurs viticulteurs de Chardonne. Or le PAC propose de l'affecter en «zone de desserte». Pour le vigneron, «c'est en contradiction avec la volonté populaire exprimée en 2014 à plus de 68%, qui avait pour but de protéger, sauvegarder et pérenniser la zone viticole». Pierre Imhof, chef du Service vaudois du développement territorial, explique cette décision au Régional: «Ces parcelles sont classées en domaine public. Dans un souci de cohérence, le projet de PAC Lavaux affecte toutes les parcelles du domaine public cantonal, en «zone de desserte» 18 LAT, conformément à la Directive cantonale sur la normalisation des données de l'aménagement du territoire. Il n'y a donc pas de changement de fond et les vignes pourront rester en place, sauf besoin particulier lié à l'exploitation du réseau routier, possibilité déjà offerte par l'affectation actuelle.»

Obligation inapplicable

Les articles du Règlement du PAC (19 et 19 al. 2) qui mentionnent l'obligation de maintenir la culture de la vigne ou de l'agriculture inquiètent la FVVL. «Une telle obligation ne tient pas compte de la conjoncture ni de la pression économique, relève au nom de la FVVL son président Basile Monachon. Personne ne sait si le modèle actuel de monoculture de la vigne persistera à long terme. Les exemples de vignobles inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO, qui peinent à maintenir leur paysage et font face à l'abandon de vignes dépréciant le paysage, existent bel et bien, ce n'est pas légende. Lavaux doit échapper à ces réalités désolantes.»

Date:03.10.2019
Parution: 967

Quatre organisations font opposition

Helvetia Nostra, Pro Natura Vaud, Pro Riviera et Sauver Lavaux ont déposé une opposition commune. Les organisations estiment que le PAC Lavaux ne correspond pas aux promesses de Sauver Lavaux III: «En l'état, le mitage du paysage de Lavaux pourra se poursuivre». Les pétitionnaires sont aussi préoccupés par le manque de coordination entre le canton et les communes concernant les zones à dézoner selon la Loi sur l'aménagement du territoire (LAT). Les quatre organisations soulignent la complexité d'une planification soumise à une multiplication des instruments d'aménagement du territoire auxquels vont venir s'ajouter les révisions des PGA (Plan général d'affectation) des communes à l'horizon 2022 et demandent donc «que l'entier du Plan de protection de Lavaux (PPL) soit reporté dans le PAC, pour plus de clarté».