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Lara, l'incessante hors de portée

Saint-Maurice Empreinte du monde des films de Werner Herzog et des écrits de Julien Gracq, mais aussi des regards et des rêveries défenestrées de Brueghel, l'artiste montreusienne Lara Estoppey investit l'Espace ContreContre pour sa première exposition personnelle. A découvrir jusqu'au 5 octobre.

Les neuf pièces qui sont exposées dans l'Espace ContreContre se proposent sur des plongeoirs «face à l'abîme, le saut possible d'un ange dans l'amour». DR

Magaly Mavilia

Dans son atelier montreusien, Lara Estoppey crée des personnages et des animaux en tissu. Elle retravaille ce jouet de l'enfance, lui ajoute de l'étrange, des questions, des réponses et de l'imaginaire, comme pour s'adresser déjà à l'adulte en devenir. Elle cherche sans cesse cet accord entre bizarre, drôle et triste, comme un son de trompette. Et puis à faire quelque chose d'artistique, avec générosité, avec les mains.

«Ici il manque une révolution»

Une œuvre forte qui a séduit Nicolas Marolf, responsable de l'exposition. A son propos il écrit: «Lara est un poème qu'on lit dans la pénombre, sous un arbre dont les feuilles encore tremblantes en dérègleraient la lecture. Pour elle, l'enfance est la vie d'une bête et c'est comme si elle avait dû ôter de sa bouche un bloc de pierre pour pouvoir en parler».

Les titres de ses œuvres «La Soudure», «Étude pour l'adulte», «D'après un conte d'Andersen», «La Chute de Morgenstern» ou «Ici il manque une révolution» sont des clefs qui n'ouvrent pas les serrures telles que nous l'attendions, «mais entrebâillent les multiples portes d'un imaginaire sans ne jamais rien préciser», s'étonne le commissaire de l'exposition. «Comme si Alice écrivait à Carroll qu'il n'est aucune merveille autre que le lieu inabordable, entre la griffure et l'ongle, le grain d'un velours que l'on effleure et que l'on coupe». Dans la scénographie de l'exposition, la douceur fait face au vide. Une sorte de surréalisme romantique. Les neuf pièces qui sont exposées dans l'Espace ContreContre se proposent sur des plongeoirs «face à l'abîme, le saut possible d'un ange dans l'amour».

Saint-Maurice Espace ContreContre, Rue du Glarier 14. Jusqu'au 5 octobre. Concert le 21 septembre dès 20h. Duo Stéphane Chappuis (bandonéon), George Vassilev (guitare). Entrée Libre, chapeau à l'issue du concert (l'exposition reste ouverte jusqu'à 23h). www.contrecontre.com

Date:03.10.2019
Parution: 967

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