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« Le regard transperce l'âme »

Concours photo En prélude à la soirée des 40 ans du Groupe Bernard Nicod, au Beau-Rivage Palace (notre reportage en pages 32-33), avait lieu la remise des prix du concours de photographie imaginé par le promoteur, «Architectures à aimer», avec un jury présidé par Mario Botta. Vainqueur: Philippe Pache, pour une image du chantier Plateforme 10.

Premier prix, cette photo du chantier Plateforme 10 qui a dérouté le jury.

Magaly Mavilia

«Le regard transperce l'âme et la photo en immortalise l'instant. Ce concours, je le dédie à ma mère qui m'a donné le goût de cet art». Un art dans lequel Bernard Nicod a grandi. Fasciné par ces tirages à l'ancienne où apparaissaient lentement des visages et des paysages encore exotiques. Comme ceux d'Afghanistan où sa mère Marie-Rose s'est rendue seule dans les années 50. «J'ai la chance d'avoir beaucoup reçu au fil de mon parcours. J'avais envie de rendre à mon tour, tout en restant dans mon domaine de prédilection». En organisant un concours de photographie pour marquer les 40 ans du groupe qu'il a fondé, Bernard Nicod, comme à son habitude, a vu grand. Un jury présidé par l'architecte Mario Botta, avec notamment Tatyana Franck, directrice du Musée de l'Elysée et Alexis Georgacopoulos, à la tête de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL). Onze lauréats se sont partagés plus de 30'000 frs de prix. «C'est extrêmement généreux et totalement inhabituel en Suisse», s'étonne le photographe lausannois Jérémy Bierer qui remporte le septième prix pour «Guérites en Lavaux». Une image paradoxale dans le paysage architectural contemporain qui fait office de «carte postale patrimoniale» et qui, contre toute attente, a séduit le jury. A l'animation de cette soirée, le 26 septembre, le poly-instrumentiste de Grandvaux, Alexandre Cellier, et Marie-Thérèse Porchet.

«Voir ce que l'on regarde»

Pour l'architecte Mario Botta, président du jury, «la force de la photo, et donc de ce concours, est de mettre en évidence ce regard particulier. Nous avons besoin d'être sollicités et stimulés. Le Corbusier disait: "Il faut toujours dire ce que l'on voit, mais il faut voir ce que l'on regarde". C'est un effort. Parfois, nous voyons de manière trop superficielle, trop rapide, une beauté qui nous échappe et le photographe peut nous aider à trouver des émotions éludées». Parmi les 498 photographies proposées par 197 photographes, le jury en a sélectionné onze. Le premier prix revient à Philippe Pache. «Je photographie ce qui me touche et m'émeut sans que j'aie besoin de savoir pourquoi», relève le lauréat, plus connu pour ses clichés du Béjart Ballet Lausanne et qui a dérouté tant le jury que le public par une image prise lors du chantier du quartier des arts Plateforme 10 à Lausanne.

«Sur le chemin de mon enfance»

Le deuxième prix revient au photographe montheysan Lucien Grandjean, diplômé du Centre d'Enseignement Professionnel de Vevey (CEPV) et actuellement en bachelor à l'ECAL. «Comme d'autres lieux emblématiques du Bas-Valais, cette gravière a jalonné la route de mon enfance entre Vouvry et Monthey et elle me fascine toujours autant», confie le Chablaisien. Située à côté de la Satom au bord du Rhône, ce bâtiment provoque des émotions antagonistes. Pour Mario Botta: «C'est un message social, civil, qui interpelle notre mauvaise conscience».

Toutes les photos primées ci-dessous

Date:03.10.2019
Parution: 967