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Une antenne 5G au milieu d'un centre sportif

Bourg-en-Lavaux L'implantation d'un relais de téléphonie au Centre sportif de la Thioleyre suscite deux oppositions et une interpellation au Conseil communal. En cause, l'atteinte au paysage, le «blocage» des possibilités de remaniement du site et le rayonnement potentiellement nocif de la 5G. Réaction de Swisscom et du Canton.

«C'est comme faire de la publicité pour des cigarettes sur une stade de foot», critique le conseiller communal Mathieu Cardinaux, au sujet de l'implantation de cette antenne sur un site sportif. DR

Magaly Mavilia

Prévue au centre de la zone sportive de la Thioleyre, entre les terrains de football et de basket, l'implantation d'une antenne 5G par Swisscom, à l'enquête du 21 août au 19 septembre, a suscité deux oppositions et une interpellation au Conseil communal du 7 octobre. Signée par cinq conseillers - Mathieu Cardinaux, Lucie de Palma, Valérie Hill, Annick Ammon-Staudenmann et Christine Lavanchy - l'interpellation porte avant tout sur l'atteinte au paysage et une énorme contrainte en cas de projets de remaniement du périmètre. L'antenne mesure 25 mètres de hauteur avec un diamètre à la base de 1 m et comprend une «armoire» de 3 m 40 sur 0,85 cm.

Discussion sur un moratoire

Face au rayonnement potentiellement nocif de la 5G, Mathieu Cardinaux demande à la Municipalité de faire valoir le principe de précaution. Or il n'est pas du ressort des communes de s'opposer aux implantations d'antennes de ce type car seule la Confédération est à même de statuer et de légiférer sur cette technologie. Et ceci quand bien même les conclusions d'une étude attendue cet été ne sont pas encore connues. Par contre, précise la Direction générale de l'environnement (DGE) du canton de Vaud, «dans l'attente de la réponse du Conseil d'Etat au postulat Mahaim demandant l'instauration d'un moratoire sur la 5G, les dossiers concernant des nouvelles antennes 5G sont encore retenus.» De son côté, Swisscom rappelle au Régional: «Les recommandations de l'OMS (organisation mondiale de la santé) sont basées sur les études de l'ICNIRP (Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants). En Suisse, l'ordonnance pour la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI) se base sur ces recommandations de l'OMS et applique le principe de précaution en exigeant des valeurs de champ électrique dix fois plus faibles que celles préconisées par ces instances internationales. Par ailleurs, précise l'opérateur, le déploiement actuel de la 5G se fait dans les gammes de fréquences déjà utilisées pour la téléphonie mobile et les réseaux sans fil (WIFI) et ceci depuis de nombreuses années. D'un point de vue physique et de l'impact sur la santé, les rayonnements émis par les antennes 5G sont identiques que ceux émis par la 4G.»

Pesée des intérêts

Pour Mathieu Cardinaux, «face à une question sensible de santé publique sur laquelle nous n'avons pas de réponses, je trouve impertinent de placer une antenne 5G sur un site où jouent des enfants. C'est un peu comme si l'on affichait des publicités pour des cigarettes le long du stade de foot». Un point de vue que ne partage pas la cosignataire de l'interpellation Lucie de Palma: «Je ne suis pas contre les antennes 5G, je pense qu'il existe des normes et qu'elles ne sont pas dépassées. Ce qui ne veut pas dire que les personnes électrosensibles ne vont pas en souffrir. Mais il faut faire une pesée d'intérêts. A Grandvaux, entre autres, le réseau ne passe pas.» Une réponse de la Municipalité sera donnée lors du prochain Conseil communal.

Date:17.10.2019
Parution: 969

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