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Touriste dans les vignes, bien ou mal ?

Colloque Le touriste en Lavaux, pain bénit et nouvelle ressource? Ou nuisance par le nombre de visiteurs, le non-respect des lieux, le dérangement pour la population? Réunis en colloque à Cully pour discuter d'une enquête menée par l'Université de Lausanne, les intervenants penchent plutôt pour les nuisances.

Quelque 640 questionnaires ont été remplis par des touristes individuels. DR

Textes: Nina Brissot

Le 9 octobre, un colloque organisé par l'Université de Lausanne (Unil), l'Association Lavaux Patrimoine mondial (LPM), l'Office du Tourisme du Canton de Vaud (OTV), Montreux-Vevey Tourisme et la Commune de Bourg-en-Lavaux était dédié aux questions liées au tourisme dans les sites protégés. La partie publique a rempli la salle Davel, mais les vignerons en étaient les grands absents. Occupés ailleurs en cette période de vendanges.

Le frein des prix

Animée par Emmanuel Estoppey, ancien directeur de LPM, la soirée débute par les résultats d'une enquête de deux ans menée par l'Unil auprès de l'hommo touristicus dans Lavaux. Pourquoi l'Unil? Le vice-recteur «Durabilité et Campus», Benoit Frund rappelle un des rôles de l'Université: servir la population du canton. Notamment avec une communication scientifique sur les paysages protégés et le tourisme dans ces lieux. Quelque 640 questionnaires ont été remplis par des touristes individuels, les tours opérateurs ayant été exclus. Ils ont été interrogés sur le temps passé en Lavaux, le nombre de nuitées, les attraits locaux, la mobilité, les aspects pratiques, la provenance des touristes. Résultat: ce tourisme est essentiellement local, relativement âgé, 50% d'entre eux dorment une ou deux nuits dans la région, le plus souvent chez des proches ou de la famille. Les prix ressortent comme un frein à un tourisme élargi. Ces personnes sont avant tout intéressées par la beauté des paysages, la gastronomie et les balades, bien plus que par l'achat de vin. Constat de Jeanne Cortay, directrice de LPM, avec un certain humour: ce touriste est moins chasseur de bouteilles que de raisin juste avant la vendange...

Ma porte appartient-elle à l'Humanité?

Emmanuel Estoppey rappelle qu'être à l'Unesco, c'est faire partie d'une communauté mondiale de 7 milliards d'habitants. Raison pour laquelle le colloque était intitulé: «Ma porte appartient-elle déjà à l'Humanité»? En écho, un participant demande: «Votre porte appartient-elle déjà à Lavaux»? Question qui, à défaut de portes, ouvre quelques discussions: «Les vignerons pensent (mais ils n'étaient pas là pour le dire), qu'il y a déjà trop de monde. Que les exploitations sont petites et familiales et qu'il n'est pas possible à l'exploitant d'être à la fois dans la vigne, à la cave, à la vente et à l'accueil avec un esprit assez libre pour causer avec les visiteurs».

Autre point: «Lavaux n'a pas de produit phare qui entrainerait des ventes». Surtout, mais cela n'est évoqué qu'en périphrases, il n'y a pas de cohésion entre les vignerons. Valérie Hill, du groupement des habitants de Lavaux, suggère qu'il puisse y avoir un lieu (bistrot, caveau, autres) par village qui soit un lieu de ralliement et, pour mettre tout le monde d'accord, qui donne, semaine après semaine, priorité à un vigneron. Cette soirée publique sera suivie dès l'an prochain par d'autres qui, peut-être déboucheront sur l'esquisse de solutions.

Date:24.10.2019
Parution: 970

En Bourgogne, le tourisme est florissant

Invité dans le débat, Bertrand Gauvrit, responsable des «Climats de Bourgogne» (les climats sont des parcelles séculaires, répertoriées et numérotées donnant sa place au vin dans la hiérarchie des crus), donne une autre vision du tourisme dans les paysages protégés. En Bourgogne, le tourisme est florissant et l'œnotourisme, qui a du mal à prendre en Suisse, est déjà bien développé, même si les climats du vignoble de Bourgogne ne sont inscrits à l'Unesco que depuis 2015. Une différence toutefois, alors que Lavaux avec 200 producteurs pour 700 hectares a du mal à écouler son vin, la Bourgogne avec 13'000 hectares peine à répondre à la demande de l'exportation. Ce qui veut dire que la problématique de savoir si le visiteur va acheter un carton ou pas ne se pose pas.

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