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« Le billard français est en perte de vitesse »

Lausanne Du 15 au 17 novembre, le Casino de Montbenon accueille la 7e édition des Lausanne Billard Masters. Une compétition d'ampleur internationale, avec notamment la championne du monde de billard en titre et le champion du monde junior mais dont le sport – le billard français – est pourtant peu connu. Le Lausannois Michel Boulaz, seul Suisse de la rencontre, se confie au sujet de son parcours et de ses craintes quant à la baisse d'intérêt pour sa discipline. Eclairage.

Le Lausannois Michel Boulaz a été champion suisse. DR

Daniella Gorbunova

Organisés du 15 au 17 novembre par une association essentiellement composée des membres de l'Académie Lausannoise de Billard, les Lausanne Billard Masters comptent cette année au moins deux grosses têtes d'affiche: la Néerlandaise Therese Klompenhouwer, championne du monde de billard en titre, qui sera également la première femme à participer à la compétition lausannoise, et le Sud-Coréen Cho Myung Woo, actuel champion du monde junior. Seul Suisse de l'étape: Michel Boulaz, membre de l'Académie Lausannoise de Billard, était également le seul Helvète en course lors des trois dernières éditions. «Nous avons décidé, avec le comité d'organisation, que pour dynamiser la compétition, nous devions trouver la bonne formule: inviter plus de joueurs étrangers de très haut niveau, explique-t-il. Par conséquent, cela ne laissait de la place plus que pour un Suisse.» Conscient de devoir se frotter à des pros, cet aficionado préfère ne pas se faire d'illusions: «Je me réjouis de la compétition, même si je suis assez réaliste. En principe, je n'ai aucune chance de gagner un match, sauf en cas de catastrophe pour le joueur étranger. Mais ce n'est pas grave, je fais cela pour le plaisir, et puis pour apprendre des choses.»

Entre boules et baguettes

Au quotidien, Michel Boulaz se lève de très bonne heure pour aller enfourner brioches et petits pains dans le laboratoire de sa boulangerie à l'avenue de Cour, à Lausanne. Mais sa vie de boulager est, depuis le début, entrecoupée de celle du joueur de billard de haut niveau, et ce depuis presque quarante-trois ans. «Lorsque j'avais dix-huit ans, je faisais du foot. Mais, avec le travail de nuit à la boulangerie, c'était difficile de s'entraîner le soir et d'aller travailler après, confie-t-il. Je cherchais donc une autre activité, et c'est ainsi que j'ai découvert le billard.»

Bien que, contrairement à certains de ses concurrents, Michel Boulaz ne soit pas à proprement parler un professionnel, il peut tout de même se targuer de compter parmi les meilleurs joueurs de son pays: «Je pense que j'ai naturellement certaines dispositions nécéssaires à cette discipline, qui demande beaucoup de concentration et de précision. J'ai été champion suisse dans ma catégorie seulement deux ou trois ans après avoir commencé.»

Sport en perte de vitesse

Aujourd'hui, le billard fait davantage penser à des amis, bière à la main, qui tirent quelques boules dans un pub, qu'à un véritable sport. Le joueur lausannois, fervant défenseur de sa discipline, insiste pourtant sur les différences entre le billard français et les autres types de jeux: «Dans l'esprit des gens, lorsqu'il s'agit de billard, c'est forcément du billard à poches – c'est à dire américain ou snooker. C'est ce qu'il y a dans tous les pubs, les bars. Les billards français ont peu à peu disparu de ce genre d'endroits car ils prenaient trop de place, notamment.» Ainsi, le jeu pratiqué lors des compétitions comme les Lausanne Billard Masters est assez peu connu du grand public.

Aussi appelé billard à trois billes, le billard français se pratique en général à deux joueurs avec trois billes. Le concept général est de percuter avec sa bille les deux autres. Pire, il ne suscite plus autant d'intérêt qu'auparavant: «Le billard français est en perte de vitesse, déplore Michel Boulaz. C'est le cas en Europe en général, pas seulement en Suisse. C'est un sport très ancien et, comme toutes les choses très anciennes, nous avons peut-être besoin de nous remettre en question, de chercher d'autres façons de jouer.» Cela malgré le fait que la discipline soit en pleine expansion en Asie. «En Corée du Sud par exemple, il y a un peu plus de 50 millions d'habitants, dont 6 millions de personnes qui jouent au billard», précise le Lausannois, avant de comparer cette effervescence à la situation locale: «En Suisse, nous sommes quelque deux cents personnes à faire des compétitions. Et, au niveau du canton de Vaud, il y a très peu de joueurs.»

www.lausannebillardmasters.ch

Date:31.10.2019
Parution: 971

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