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L'urbain est dans le pétrin

Environnement Bonnes volontés, écoquartiers et nouvelles technologies ne suffiront pas pour répondre à la crise écologique et sociétale à laquelle l'urbain et l'humain font face si le politique et l'Etat ne s'impliquent pas plus sérieusement. C'est ce qui est ressorti du Forum Bâtir et Planifier. Analyse.

Le béton est responsable d'une hausse des températures de quelque 5 à 8° supplémentaires dans les villes. Adobestock

Magaly Mavilia

Il ne se passe pas une semaine sans que l'Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) ne communique sur une nouvelle technologie pour limiter l'impact du bâti et réduire nos émissions de CO2. Panneaux solaires aussi fins et malléables qu'une feuille de plastique, isolants ultra-performants et biodégradables, etc. De leur côté, architectes, urbanistes et paysagistes travaillent de plus en plus de concert pour édifier des projets résilients et durables. Des écoquartiers où les salades poussent au bord d'allées arborisées entourées de bâtiments zéro énergie. Associations et start-up innovent elles aussi pour réduire l'impact de la construction. Une expérience comme celle de Bellastock, présentée au forum par son co-fondateur, l'architecte Antoine Aubinais prouve, si besoin était, que les solutions existent.

Bien que marginale, cette coopérative de 13 chercheurs travaille notamment sur la valorisation des ressources en réintégrant les matériaux issus de la démolition dans le processus de construction. On revient également aujourd'hui à la formidable richesse offerte par le sol sur les sites même de construction à travers la fabrication de briques, de pisé. Autant d'alternatives qui permettent des économies au niveau de l'énergie grise et du budget «déchets». Mais, comme le rappelle Laurent Guidetti, architecte, de Tribu Architecture à Lausanne, «on continue de faire toujours mieux pour une élite. Les bâtiments deviennent producteurs d'énergie et c'est bien, mais la majorité du parc immobilier n'est pas isolée». Avec les besoins en refroidissement des logements qui vont grimper avec les températures, le milieu bâti fait face à un défi considérable.

La chaleur du béton

Pour répondre à ces questions, quels sont les outils et les mesures concrètes proposés face à l'état d'urgence, déclaré notamment par le Parlement vaudois ce printemps et l'objectif de neutralité carbone annoncé cet été par le Conseil Fédéral à l'horizon 2050? Le Programme Bâtiment est en voie d'extinction et la rétribution unique pour les installations photovoltaïques va fondre au soleil printanier de 2020.

Aux besoins financiers pour lancer de toute urgence une nouvelle économie basée sur les énergies renouvelables, le Conseil fédéral répond par des taxes alors que nous disposons de moyens technologiques pour réduire pratiquement à zéro la pollution générée par les bâtiments, les transports et l'industrie.

D'un autre côté, les pressions exercées par la machine urbaine sont lourdes. Le béton, dont l'étanchéité n'est pourtant plus à la mode à l'heure des inondations, continue d'étouffer le sol et ses ressources vitales pour l'équilibre climatique. Merveilleux accumulateur de chaleur, il est aussi responsable d'une hausse des températures de quelque 5 à 8° supplémentaires dans les villes. Et un jeune étudiant dans le public de demander s'il est possible de faire acte de désobéissance civile dans la construction? Une question à laquelle seules les jeunes générations pourront répondre car au sein des intervenants, le silence de l'impuissance leur donne peut-être le champ libre face à l'urgence.

Date:31.10.2019
Parution: 971

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