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«Nous ne mesurions pas le poids de ce prix»

Pully Après plus de 25 ans de performances artistiques contemporaines au théâtre de l'Octogone, la compagnie de danse Linga se voit consacrée. Le Prix Suisse de la danse 2019, catégorie création actuelle, récompense son FLOW, spectacle inspiré des mouvements du monde sauvage. Rencontre avec ses chorégraphes.

Sur les planches depuis 2018, le spectacle Flow s'est joué dans nos contrées, mais aussi en Europe et jusqu' au Liban ou en Cisjordanie. M. Bovay

Xavier Crépon

Les débuts de la compagnie Linga à l'Octogone il y a plus de 25 ans n'ont pas été aisés. Espace réduit, pas de plancher, avec pour seul sol du béton dur et froid, les entrainements se sont pourtant enchainés. Désormais institution reconnue dans le milieu de la danse contemporaine, de par son talent, mais aussi grâce à la résidence offerte par le théâtre pulliéran, Linga vient de remporter, avec son FLOW, le Prix suisse de la danse dans sa catégorie, aux côtés de trois autres pièces. Au-delà des 25'000 frs remis à chaque vainqueur, c'est surtout l'écho généré par la remise d'un prix fédéral qui est apprécié par ses deux chorégraphes, Katarzyna Gdaniec et Marco Cantalupo.

S'adapter au sein du groupe

«Nous ne mesurions pas le poids de ce prix, avouent les deux artistes à l'origine de FLOW. C'est une belle récompense pour l'ensemble de notre carrière, mais cela nous permet également d'avoir un écho plus important, que ce soit en Suisse ou à l'étranger.» Sur les planches depuis 2018, leur pièce s'est jouée dans nos contrées, mais aussi en Europe, ou encore bien plus loin comme au Liban ou en Cisjordanie. L'idée principale de cette œuvre: traduire et humaniser le FLOW, ce flux du monde sauvage représenté par le mouvement des nuées d'oiseaux, des essaims d'insectes ou encore des bancs de poissons. «La manière instinctive de se mouvoir ensemble via l'intelligence collective est notre fil rouge, souligne Marco Cantalupo. Les changements de direction et les réadaptations au sein du groupe sont fascinants. En fonction du confort ou de l'inconfort au milieu de nos semblables, nous nous adaptons sans nous noyer dans l'ensemble.»

Des qualités multiples

Le dénominateur commun du mouvement de groupe dans FLOW est une force, mais la pièce est aussi une réussite pour d'autres raisons, selon ses chorégraphes. «Apolitique et proche de l'essence même de la nature par l'instinct organique comme moyen de se mouvoir, notre œuvre n'impose pas de clé d'interprétation. Chacun est libre de la comprendre à sa manière par l'histoire ou le chemin qu'il souhaite lui attribuer.» L'association entre danse contemporaine et arrangement musical plait aussi beaucoup. «À la croisée entre sonorités ancestrales et assemblages électroniques, le duo franco-coréen Keda a réussi un mariage incroyable», se réjouit Katarzyna Gdaniec.

Bientôt à la fin de leur tournée, les artistes doivent encore se produire en Allemagne et en Italie. «Jouer à l'international est une chance, avoue Marco Cantalupo. Nous aimons nous confronter perpétuellement à d'autres cultures, mais aussi faire découvrir la danse contemporaine où elle n'est pas encore automatique ou du moins peu répandue.» En Suisse, la pièce ne se jouera plus, mais la compagnie reviendra l'année prochaine en février avec Soto Voce, une collaboration avec l'Académie vocale de Suisse romande.

Date:14.11.2019
Parution: 973

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