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Urgences: bye bye Monthey

Hôpital Riviera-Chablais Le service des urgences adultes est opérationnel depuis le 6 novembre à 7h du matin sur le site unique de Rennaz. Le Régional a passé quelques heures avec les urgentistes lors de leur dernière nuit à Monthey, le 5 novembre. Reportage.

Au matin du 6 novembre, médecins et infirmiers ont franchi la porte des urgences de Monthey pour la dernière fois.

Textes et photo: Valérie Passello

Les bips s'emballent. «Cela signifie que les ambulanciers nous amènent quelqu'un», explique Laurence, forte de quinze années de service en tant qu'infirmière aux urgences de Monthey. Il est 21h20 en ce 5 novembre et l'équipe de garde, quatre infirmiers pour autant de médecins, se presse pour accueillir la jeune femme qui arrive sur une civière. L'ambulancière donne toutes les informations qu'elle a pu recueillir en chemin. Le cas est vite réglé, heureusement rien de trop grave. L'infirmier Joao s'occupe de la prise en charge. Retour au bureau pour les autres.

Dans les locaux labyrinthiques et un rien vétustes des urgences montheysannes, «c'est une nuit de travail comme les autres», affirme Joao. Certes, ces professionnels de la santé assument leur tâche avec rigueur, comme d'habitude. Mais la nuit a ceci de particulier qu'elle sera la dernière entre ces murs. «Il y a forcément un peu de nostalgie dans l'air, ça fait quand même bizarre. Aussi parce que certains services sont déjà déserts», observe Laurence, avant de partir «au tri». C'est là que les patients sont accueillis et que le degré d'urgence est évalué. À partir de 1 pour une urgence vitale nécessitant des soins immédiats, jusqu'à 4, pour les cas plus légers pouvant être traités ultérieurement.

Et demain à Rennaz?

Depuis le matin, une quarantaine de patients sont passés par là. L'infirmier Ricardo précise: «Cela vient souvent par vagues. Des moments, on n'a personne et juste après, plusieurs ambulances arrivent en même temps. C'était le cas la nuit dernière.» Dans le bureau, un écran affiche en temps réel la présence de toutes les personnes prises en charge dans le service. Vers 22h30, il y en a sept au total. Trois traumatismes des membres, deux traumatismes crâniens, une douleur thoracique et un abus de médicaments.

Si chacun s'affaire, l'équipe médicale n'en évoque pas moins l'avenir sur le site de Rennaz. «L'organisation va changer, car nous devrons gérer le tri de toutes les ambulances, ainsi que l'Unité d'hospitalisation de courte durée. Mais nous serons plus nombreux et je pense que le flux de patients devrait être gentiment le même», estime l'un. «Au début, on risque de se perdre là-bas», craint l'autre. «Jusqu'ici, l'esprit du service était très familial, ça ne sera plus pareil», déplore le troisième. Les conversations tournent aussi autour du problème des places de parc (voir Le Régional 940) et des temps de trajet jusqu'au nouvel établissement.

Malgré ces quelques interrogations ou appréhensions, la perspective d'un équipement de pointe dans une structure flambant neuve fait l'unanimité. La centralisation est un autre point positif, selon Elodie, cheffe de clinique jusqu'à 22h en ce mardi soir: «Si un enfant arrive ici à Monthey, on doit l'envoyer aux urgences d'Aigle, par exemple. Désormais, nous n'aurons plus à nous poser ce genre de questions, tout le monde sera pris en charge au même endroit», se réjouit-elle.

Champagne au frais

Cette dernière nuit provoque tout de même quelques changements dans les habitudes des urgences montheysannes. «Si tu as un patient à 6h45, tu l'amènes à Rennaz, parce que nous, à 7h, on ferme!», rappelle Marie, médecin, à l'ambulancière. «Si je suis en avance, je ferai un ou deux tours de rond-point», plaisante cette dernière.

Il faut aussi gérer les patients dont le séjour va s'allonger, comme cette femme, victime d'une chute, arrivée en ambulance vers 17h. «Nous allons sûrement la garder une nuit en observation», confie Amal, médecin assistant en chirurgie, après avoir demandé l'avis du médecin-chef par téléphone. À 23h, c'est décidé, ce sera un transfert vers le nouvel hôpital. On rappelle les ambulanciers pour venir chercher la patiente.

Alors qu'un hockeyeur sonné par un match un peu trop musclé arrive dans le service, João, lui, s'en va. Il aura fait la dernière soirée à Monthey, il fera sa première nuit à Rennaz demain. «Courage!», lui lancent les autres membres de l'équipe. L'infirmier Jimmy sera le seul à venir travailler à Monthey la nuit prochaine. Pour une mission peu anodine: «Mon rôle sera de dire que nous sommes fermés aux gens qui se seront trompés et de les aiguiller vers Rennaz», explique-t-il. Laurence, elle, repassera pour vider son casier et jeter ses vieilles baskets.

«Nous avons une bouteille de champagne au frais, mais nous n'avons pas le droit de l'ouvrir, même à la fin de la nuit, poursuit Jimmy. Nous le boirons ce week-end, car nous organisons une grande fête avec toute l'équipe des urgences de Monthey, pour marquer la fin de cette aventure.»

Où aller pendant le déménagement?

Les urgences adultes de Monthey étant désormais fermées, c'est à Rennaz qu'il faut se rendre. À noter que la permanence médicale reste ouverte à Monthey de 8h à 20h, sept jours sur sept et peut se charger de petites urgences. Les urgences enfants du site d'Aigle seront définitivement fermées ce 14 novembre à 8h et immédiatement opérationnelles à Rennaz. Enfin, les urgences gynéco-obstétricales d'Aigle ont fermé le 12 novembre et rouvriront à Rennaz le 16 novembre à 7h. Dans l'intervalle, ces cas d'urgence spécifiques sont traités sur le site de Vevey Samaritain. En cas de doute, le meilleur réflexe reste d'appeler le 144 ou les centrales téléphoniques des médecins de garde, le 0848 133 133 (Vaud) ou le 0900 144 033 (Valais), qui seront à même d'orienter les patients vers le bon lieu.

Date:14.11.2019
Parution: 973

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