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«Où va-t-on prendre l'argent pour tout cela?»

Pully Sensible, car protégé et au cœur de la ville, le secteur du Prieuré est soumis à une enquête publique pour son plan d'affectation. C'est pourtant le projet de rénovation et de construction – Musée, Prieuré et Hôtel de Ville – qui a mobilisé les débats lors d'une séance d'information publique.

Le coût, actuellement devisé à environ 36 millions, dont 16 millions pour l'Hôtel de Ville, inquiète l'assemblée. Z. Decker

Nina Brissot

Dans le Foyer de la Maison Pulliérane, ce sont surtout des membres du Conseil communal qui ont répondu présent à l'invitation de la Municipalité, ce 18 novembre. En cause, le plan d'affectation (PA) «Prieuré-Villa romaine», actuellement à l'enquête publique. En préambule, une mise en garde de la part du syndic Gil Reichen et du municipal responsable Nicolas Leuba précisait l'objectif du PA. «Il s'agit d'un plan lié à la sauvegarde du patrimoine». Mais le public était surtout curieux du plan général et des projets d'architecture. L'Exécutif a parfois dû calmer les esprits.

Débat dévié

A l'enquête jusqu'au 19 décembre, ce PA sert à graver les contours de la requalification du secteur du Prieuré. Son bâtiment principal est intouchable puisque recensé par le patrimoine en note 1, donc d'intérêt national. Le plan vise à gagner des m2 constructibles en vue d'un agrandissement de la Villa romaine et du Musée Archéolab, la rénovation du Prieuré et la construction d'un Hôtel de Ville. Il doit également garantir le caractère public du lieu en le dotant d'une meilleure perméabilité piétonne. Ce PA est donc destiné à offrir une vue globale du centre et mettre en valeur les dégagements vers le lac et les Alpes. Les projets d'architecture lauréats d'un concours international et planifiés dans les décennies à venir n'y entrent pas. Ce sont pourtant ces projets qui ont occupé le débat.

Inquiets sur les dépenses

Le coût, actuellement devisé, grosso-modo, à 36 millions, dont 16 millions pour l'Hôtel de Ville, inquiète l'assemblée: «Où va-t-on prendre l'argent pour tout cela, alors même que les finances de la Ville ne sont pas reluisantes?». Autre crainte: «Si l'on agrandit la surface constructible jouxtant le Musée, cela va empiéter sur les places de parc. Combien vont en être supprimées en tenant compte que le sous-sol est rempli de vestiges, il n'est pas possible d'envisager un parking souterrain». Beaucoup de questions aussi sur les architectes et leur liberté d'imposer ou pas des volumes. De même que sur les perspectives, tant de l'Avenue Reymondin que depuis l'Avenue de la Poste.

Les questions ont débordé du sujet de toutes parts. Le syndic, tout comme le municipal ont, à plusieurs reprises, recentré la discussion en précisant que le PA n'oblige en rien à faire tel ou tel projet mais vise, dans ce cas précis, d'abord à octroyer un droit à bâtir qui permettrait dans un futur proche ou lointain de construire afin d'agrandir le Musée. A la petite phrase d'un participant - «oui, c'est un beau discours politique» - Nicolas Leuba a rétorqué: «Cher Monsieur, nous pensons de manière globale sans saucissonnage, le périmètre du PA doit répondre à des lois cantonales et aucune décision n'est prise sans l'aval du Conseil communal. Notre seule obligation est l'entretien des ruines romaines». Le dossier peut être consulté au chemin de la Damataire 13.

Date:28.11.2019
Parution: 975

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