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Ils recyclent notre pain quotidien

Alimentation Too Good To Go et Äss Bar lancent deux initiatives anti-gaspillage -similaires dans le but, différentes dans la réalisation. Too Good To Go a convaincu onze grandes entreprises suisses du secteur de mentionner «Bon souvent après» sur leurs étiquettes alimentaires, pour éviter de jeter des produits encore comestibles. Äss-Bar, lui, récupère les invendus des boulangeries et les revend dans une échoppe à Lausanne le lendemain à prix cassés. Explications.

Plusieurs enseignes locales participent à Too Good To Go, dont les Veveysans Hokta boulangerie, Ratatouille et Bread store. DR

Stéphane Armenti

«En Suisse, un tiers de la nourriture produite est jeté, bien qu'une grande partie soit encore consommable, explique Oriah Kaspi de Too Good To Go. Cela vient en partie du fait que beaucoup de consommateurs ne font pas la différence entre les termes «à consommer jusqu'au» et «à consommer de préférence avant le»».

En clair, deux mentions peuvent se trouver sur les produits alimentaires: la date limite de consommation, «à consommer jusqu'au» et «à consommer de préférence avant le», ou la date de durabilité minimale. La première s'applique aux produits susceptibles de présenter un risque pour la santé au-delà de la date de validité -notamment viandes, charcuterie, poisson.

La seconde, «à consommer de préférence avant le», n'a pas le même caractère impératif. Cette indication signifie qu'après la date limite, le produit peut avoir perdu ses qualités spécifiques, sans pour autant être dangereux pour la santé. Exemple, le café, peut-être en passe d'avoir perdu de son arôme, mais pas dangereux pour autant.

«Faire confiance à nos sens»

L'initiative de Too Good To Go vise cette date de durabilité minimale. Elle souhaite «inviter les consommateurs à utiliser à nouveau leurs yeux, leur nez et leur bouche pour juger par eux-mêmes si un produit est encore comestible après la date de durabilité minimale», souligne Oriah Kaspi. Contactées par la start-up fondée au Danemark et présente dans treize pays, onze grandes entreprises suisses, telles Emmi, Cailler, HUG, Hero, Knorr vont sensibiliser les acheteurs à ce problème. Comment? En apposant progressivement l'indication «souvent bon après» sur leurs produits.

590'000 téléchargements

Pour rappel, Too Good To Go est connu pour son application anti-gaspi téléchargée par 590'000 Suisses. Objectif: limiter le nombre d'invendus qui finissent à la poubelle en mettant en lien les consommateurs avec les plus de 1'700 magasins partenaires -notamment Fleur de pains, Tibits, Globus, les Veveysans Hokta boulangerie, Ratatouille et Bread store, ou encore le Montreux Palace. Le procédé est simple. Le client réserve son panier surprise composé des invendus du jour via l'application, puis le retire sur place avant la fermeture du magasin. Enfin, il paie «toujours le tiers du prix, c'est la règle», relève Oriah Kaspi. «Bien sûr nous avons une application, mais nous sommes plus que cela, un mouvement contre le gaspillage alimentaire. Pour répondre à ce défi, nous avons décidé de travailler sur quatre piliers qui se construisent autour d'objectifs concrets à tenir pour 2020: les foyers, les entreprises, l'éducation et la politique», développe Oriah Kaspi.

www.toogoodtogo.ch et www.aess-bar.ch

Des croissants... décroissants

Né en 2013 à Zürich, Äss-Bar -mot jouant sur l'allemand «essbar» - comestible en français- est une boulangerie novatrice. Elle vise à éviter le gaspillage alimentaire. Comment? En collectant, auprès des boulangeries partenaires, les invendus de la veille. Puis en les vendant le lendemain à prix cassés. Croissants ou petits pains dès 50 centimes ou des pâtisseries dès 1 fr, par exemple.

«Nous prenons tout ce qui reste dans le magasin partenaire et nous revendons le lendemain. Mais il y a plus que cela, en voyant des caisses entières remplies, le consommateur se rend davantage compte de ce qu'est le gaspillage alimentaire. Nous jouons un rôle de sensibilisation», assure Xavier Ballansat, responsable romand de Äss-Bar

Si le magasin de Lausanne vient d'ouvrir - rue du Petit-Chêne 28 bis - onze enseignes existent déjà, notamment à Zurich, Berne, Bâle, Fribourg. Eviter le gaspillage, mais le but de Äss-Bar est aussi de participer à une économie circulaire en réutilisant tout: «s'il reste des choses en magasin le soir, cela va aux animaux ou à la production d'énergie», souligne Xavier Ballansat. L'entreprise suisse emploie huit collaborateurs à Lausanne et une centaine sur l'ensemble du pays.

Date:05.12.2019
Parution: 976

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