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Les mauvaises nouvelles attirent

Blonay Devant quelque cent personnes, Dominique Bourg, philosophe du climat, tire la sonnette d'alarme ce 3 décembre lors d'une séance extraordinaire du Conseil communal. Permaculture, troc, produits d'entretien faits maison: le professeur donne aussi des pistes pour s'adapter aux changements à venir.

Cent personnes pour suivre la conférence de Dominique Bourg (à gauche) devant le Conseil communal: 20 fois plus que lors d'une séance ordinaire.

Textes et photo: Amit Juillard

19h51. On rajoute des chaises. 19h56. Rebelotte. Le public est présent en masse: quelque cent personnes. Parole d'agent de police, il n'y a d'habitude guère plus de cinq ou six badauds lors d'un Conseil communal blonaysan. Un succès dû à la venue, ce 3 décembre, du philosophe du climat Dominique Bourg pour une séance extraordinaire consacrée à l'écologie (Le Régional 968). Ce soir, ils sont 39 élus sur 65 à siéger. Une heure durant, le professeur honoraire de l'Université de Lausanne tire la sonnette d'alarme: selon lui, l'humanité a dix ans pour assurer sa survie sur terre (lire l'encadré).

Passé 21 heures; le temps des questions. «Merci pour toutes ces bonnes nouvelles, ironise Matthieu Sesseli, conseiller communal socialiste. Mais, en tant que commune, que pouvons-nous faire pour limiter la casse?» Dominique Bourg propose deux angles d'attaque. Le premier: contribuer à réduire «le côté destructeur des actions humaines». «C'est avant tout une question d'exemplarité. Parce que ça ne changera pas grand-chose à l'échelle mondiale.»

Retour au troc et à la terre

Deuxième axe: l'adaptation aux changements à venir. «Par exemple, à Grande-Synthe, dans la périphérie de Dunkerque, la municipalité a racheté des terres pour que ses habitants puissent faire du maraichage en permaculture et cultiver des céréales en agroécologie. La population apprend à fabriquer ses propres produits d'entretien bio. Le troc fait son retour. Bon, à Blonay, je ne sais pas si ça marcherait, parce que troquer une Mercedes contre une Tesla...» L'aula de Bahyse rit.

Jusqu'à 22h30, le spécialiste répond aux questions des élus et de l'audience. Pourquoi n'avez-vous pas abordé les problèmes écologiques sous l'angle de la démographie?, interroge en substance Romain Belotti, chef du groupe UDC. «La démographie est un facteur important. Mais aujourd'hui, 10% de la population mondiale émet 50% des gaz à effet de serre. Penser que la démographie est responsable des changements climatiques est stupide. C'est notre niveau de vie qui déstabilise le système terre.»

Date:12.12.2019
Parution: 977

«En string au Groenland»

Changements climatiques, effondrement de la biodiversité, épuisement des ressources: «Le système terre bascule», annonce Dominique Bourg lors de cette même séance. Le philosophe du climat avertit: «Nous avons dix ans pour éviter d'exploser le seuil des deux degrés (réd: supplémentaires par rapport à l'ère préindustrielle). Or, selon la tendance actuelle, nous allons arriver à plus cinq, voire plus huit degrés. Plus cinq degrés, ce serait une humanité résiduelle en string qui suce son pouce au Groenland.» Fusion nucléaire, technologies: solutions irréalistes pour ce tenant de la décroissance. «Nous ne pourrons pas changer de mode de vie sans que notre économie, basée sur la croissance, n'entre en crise.»

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