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Encore du chemin pour le sentier lacustre

La Tour-de-Peilz Accueil mitigé pout le cheminement piétonnier des rives du Lac entre la Becque et Portail-Blanc, dont le premier tiers est à l'enquête jusqu'au 29 décembre. Incivilités accrues, quiétude troublée et accessibilité limitée font partie des craintes exprimées lors de sa présentation publique.

La largeur réduite du chemin doit favoriser le transit plutôt que l'arrêt, parfois propice aux incivilités, selon le mandataire Pierre Mivelaz.

Textes et photo : Xavier Crépon

Initié depuis plus de dix ans, le projet du cheminement piétonnier sur les rives du Lac à La Tour-de-Peilz avance à petits pas. D'abord prévu sur toute la longueur entre les bains de la Becque et la plage de la Maladaire, seul le secteur Ouest est pour l'heure soumis à l'enquête publique jusqu'au 29 décembre. Très concernés, une centaine de Boélands se sont rendus à la présentation publique du 3 décembre. «Nous savons le projet complexe, confie le syndic Alain Grangier. La moitié du public est pour, l'autre est contre.»

Eviter le voyeurisme

«Avec ce nouveau chemin, il y aura plus de passage, s'inquiète le public. Comment alors avoir un contrôle sur les incivilités?» Plusieurs riverains craignent que papiers et autres canettes ne finissent directement dans leur jardin. «Avec uniquement 1,2 m de largeur, ce sentier permettra le transit en évitant de créer de nouveaux secteurs propices à ces problèmes, rassure le mandataire Pierre Mivelaz. Son tracé situé bien en dessous des propriétés limitera également ces comportements non désirables.» Aucune servitude de passage public existante sur les parcelles privées ne sera donc utilisée, mais certains murs seront quand même rehaussés au milieu du tronçon afin d'éviter tout voyeurisme et intrusion. «Nous sommes encore en discussion avec les riverains, avance l'ingénieur. Mais selon les emplacements, les murs seront rehaussés au maximum de 60 cm afin de protéger les propriétés privées. Avec ces aménagements, nous voulons éviter l'installation de nouvelles haies et clôtures trop imposantes qui dénatureraient la qualité paysagère du littoral.»

Et les poussettes?

Bronzer en plein été et se faire marcher dessus? Certains adeptes da la baignade font la moue. «C'est vraiment dommage, déplore un habitué. Vous allez bousiller ces lieux populaires si vous ne les agrandissez pas.» Les trois plages situées sur les 600 m du tracé ne seront en effet pas aménagées. «Nous pourrions le faire, mais nous ne voulons pas créer d'espace supplémentaire, explique Pierre Mivelaz. L'objectif est le transit et non de générer des lieux où les utilisateurs resteraient encore plus fréquemment.»

Un transit peut-être, mais pas pour tous, regrettent plusieurs boélands. «Comment feront les personnes en chaise roulante, et les familles avec poussettes?». «Elles pourront aller sur la première partie du chemin, mais l'accès ne sera pas linéaire sur l'ensemble du tracé, répond le mandataire. Pour le rendre accessible à tous, il faudrait au moins une largeur de 2 m et un maximum de pente de 6%. Un tel projet n'aurait jamais été accepté par le Canton car il dénaturerait trop les rives.»

Date:12.12.2019
Parution: 977

Réalisé en 2022, voire 2024

Les craintes exposées lors de cette présentation publique présagent des oppositions au projet. «Il y en aura c'est sûr, prédit Alain Grangier. Mais afin de les limiter, nous avons rencontré les riverains en leur consacrant chacun une heure pour écouter leurs inquiétudes et propositions. Nous ne sommes donc pas arrivés chez eux en leur imposant un projet fixe.» Selon l'édile, sa réalisation pourrait advenir au plus tôt pour 2021-2022, voire deux ans plus tard en fonction des recours des opposants.

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