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Les Montheysans racontent leur ville dans un livre

Publication Pas moins de 110 personnes ont contribué au projet d'écriture participative «D'écrire ma ville». L'idée de l'écrivaine Abigail Seran aboutit à un ouvrage illustré, paru aux éditions Soleil Blanc.

Pour Abigail Seran, le livre «D'écrire ma ville Monthey» est la manifestation tangible de la force du collectif.

Textes et photo: Valérie Passello

«Ce que je retire de cette aventure, c'est d'abord un enrichissement, car même si j'ai grandi ici, j'ai appris plein de choses sur ma ville. Au niveau humain, c'est le lien social. La rencontre avec des gens que l'on n'aurait pas rencontrés sans ce vecteur, sans le texte. C'est magique, incroyable!» Au lendemain du vernissage du livre «D'écrire ma ville Monthey», l'écrivaine Abigail Seran nage encore dans l'énergie positive dégagée par l'événement. Avec l'aide d'un comité entièrement bénévole et la participation de 110 plumes volontaires, l'auteure a pu concrétiser une idée née il y a quinze mois (voir Le Régional n° 917). «J'étais plus nerveuse hier que lors de la parution de l'un de mes livres, car je souhaitais que le résultat plaise à tous les auteurs. J'espère qu'ils se l'approprieront comme étant leur livre», ajoute-t-elle. Vivant, son concept a donné lieu à divers événements, comme des ateliers d'écriture, ou encore des lectures dans le cadre du festival Hic et Nunk. Au départ, Abigail Seran osait à peine imaginer recevoir une cinquantaine de textes. Au cap des cent, elle sabrait le champagne avec le comité. Finalement, le livre contient 150 textes. Un succès qui a occasionné passablement de travail, reprend l'initiatrice du projet: «Il a fallu retoucher certains écrits, même si j'ai beaucoup insisté pour que l'on respecte au maximum le style de chacun. Ensuite, nous avons fait des choix de mise en page, d'illustrations (voir encadré), créé des chapitres. Pour une partie des auteurs, cet ouvrage sera peut-être leur seule publication. Je tenais à ce que le résultat soit professionnel.» Pour les intéressés, une séance de dédicaces est prévue chez Manor Monthey le 15 décembre, de 14h30 à 17h.

Deux auteurs témoignent

Giorgio Blasi est l'un des Montheysans ayant joué de la plume pour contribuer au projet. Libraire chez Manor, passionné de lecture et d'écriture, cet Italien d'origine a fourni deux textes et un poème. «Pour moi, qui ai passé la moitié de ma vie à Monthey, c'est une nouvelle occasion de me sentir intégré. C'était dur au début, mais aujourd'hui, quand je parle avec des Suisses, je m'aperçois qu'ils me considèrent comme quelqu'un du Valais», confie-t-il. Ses textes abordent notamment le départ de son papa, parti des Pouilles pour aller travailler en Suisse, ainsi que la migration en général. Il dépeint Monthey comme une ville multiculturelle et ouverte, par exemple à travers son texte «Nous sommes tous de terre et de sang». Issue d'une famille du cru, Nathalie Grau relate: «Au début, on se dit que c'est une super idée, puis quand vient le moment d'écrire, c'est plus difficile! Il faut choisir une thématique et s'y tenir.» S'interrogeant sur ce qui constitue l'identité d'une ville, cette enseignante choisit de parler du caractère des habitants. «Les Montheysans sont de grandes gueules, qui aiment bien dire les choses très haut. Ils sont fiers d'être brocardés dans le journal satirique de Carnaval ou dans la revue montheysanne, mais aussi de passer dans les médias du coin. Ils ont également une certaine ouverture d'esprit, par le fait que Monthey est une ville ouvrière, avec beaucoup d'étrangers et parce qu'elle est proche du canton de Vaud», analyse-t-elle.

Une idée qui fait des émules

Pour l'anecdote, la revue montheysanne a épinglé cette année le projet «D'écrire ma ville», se laissant aller à imaginer ce que des personnages emblématiques de la cité auraient pu exprimer. La preuve, s'il en est, que les Montheysans se sont bien appropriés le concept. Mais l'idée d'Abigail Seran peut être transposée n'importe où. Elle a d'ailleurs séduit Bernex, dans le canton de Genève, qui a, à son tour, lancé un appel aux textes. La ville de Martigny est aussi intéressée. «Nous avons mis en place une structure. Les problèmes que nous avons dû résoudre et les questions auxquelles nous avons amené des réponses permettront aux suivants d'avancer plus vite», estime l'écrivaine. À l'avenir, «D'écrire ma ville» pourrait bien devenir une collection.

Date:12.12.2019
Parution: 977

«On croit toujours que c'est mieux ailleurs»

L'illustratrice Anne-Lise Gaudin est tombée dans le projet par hasard: «J'ai participé à une balade organisée lors du festival Hik et Nunc où Abigail Seran lisait les textes. J'ai été très surprise par la belle image que les Montheysans ont de leur ville et par leurs jolies anecdotes.» Résidant dans le chef-lieu du Chablais valaisan depuis une trentaine d'années, Anne-Lise Gaudin a bien envie de participer, elle aussi. Elle en discute avec Abigail Seran et la voilà mandatée pour fournir une dizaine de dessins aquarellés. «J'ai sillonné la ville avec mon appareil photo et cherché des images sur Internet. J'ai regardé Monthey avec un autre œil, celui que l'on a lorsque l'on voyage, car on croit toujours que c'est mieux ailleurs. Ainsi, j'ai redécouvert ma ville, trouvé des ruelles charmantes, des endroits peu connus, des vues originales», relate-t-elle. Ses illustrations sont accueillies avec enthousiasme et accompagnent désormais les quelque 150 textes contenus dans l'ouvrage.

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