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50 ans au sommet du basket

Pully Le 5 décembre, Marie-Rose Fernandez a reçu le Mérite sportif vaudois 2019 en tant que dirigeante de l'équipe féminine Espérance Pully Basket, qu'elle a fondée avec son époux il y a 50 ans. Retour sur le parcours d'un couple passionné qui s'est investi corps et cœurs pour porter et maintenir leur équipe en première ligne du basket suisse.

Sacrée dirigeante de l'année par le Mérite sportif vaudois, Marie-Rose Fernandez avoue qu'elle n'aurait jamais pu tenir 50 ans à la tête du club féminin Espérance Pully Basket sans son époux Jean.

Texte et photo: Magaly Mavilia

Les prix se suivent et ne se ressemblent pas pour Marie-Rose et Jean Fernandez. Après avoir été honoré par le Prix Panathlon 2019 le 27 mai au Musée Olympique de Lausanne, le couple pulliéran reçoit, le 5 décembre, le Mérite sportif vaudois 2019, décerné au Centre sportif de Villars que Marie-Rose par le Service de l'éducation physique et du sport du canton de Vaud. «Sans mon mari, je n'aurais jamais pu tenir 50 ans!». Très émue, Marie-Rose Fernandez raconte au Régional ce demi-siècle qu'elle a dévoué au basket, portant l'équipe féminine qu'elle a fondée avec son père et son époux au faîte du basket suisse.

50 ans de passion

Sacrée plusieurs fois aux championnats suisses, l'équipe féminine Espérance Pully Basket est le plus ancien club maintenu en ligne nationale A. Mais pour garder un tel niveau sur la durée, il a fallu s'investir et pas qu'un peu. L'excellence a en effet son coût. Pendant un demi-siècle, fini les vacances et les week-ends, avec des rendez-vous plusieurs fois par semaine sur le terrain pour s'entraîner et s'entraîner encore. C'est ce qui a permis à cette équipe d'atteindre les sommets et de porter haut les couleurs du basket pulliéran au niveau suisse et européen.

Les débuts du streaming

«Nous avons démarré le club avec cinq filles», relève Marie-Rose qui a fondé Espérance Pully Basket avec son père Eugène Graf en 1969. Son époux les rejoint en 1970 et l'aventure prend de la hauteur. En 1975, le club atteint la ligne nationale A. Le couple et toute l'équipe ont aussi connu les débuts du streaming qui consiste à filmer les matchs pour les retransmettre sur les réseaux sociaux. «Aujourd'hui, c'est une mécanique bien rôdée, mais à l'époque, c'était toute une aventure, se souvient Marie-Rose. Il fallait tenir la caméra, les micros, nous avons été les cobayes et maintenant c'est chose courante dans tous les clubs de basket», se réjouit l'ancienne dirigeante qui vient de transmettre «son bébé» à un nouveau comité, non sans regrets.

Des pointures à Pully

«Certaines joueuses professionnelles qui sont venues à Pully ont poursuivi une carrière internationale», se réjouit Marie-Rose. Et la dirigeante de citer, entre autres, la Canadienne Nayo Raincock et la Sénégalaise Diodio Diouf, qui ont toutes deux participé aux Jeux Olympiques. «Elles ont même joué l'une contre l'autre lors des matchs de préparation aux JO», raconte le couple, fier d'avoir été le premier à faire venir dans un club des joueuses professionnelles étrangères. «Autrefois, les procédures étaient plus simples qu'aujourd'hui, même si cela nous réservait parfois des surprises, raconte Marie-Rose. Comme la venue de l'américaine Laurie Bird, qui, à l'arrivée, avait 10 cm de moins que ce qui m'avait été annoncé. Mais je l'ai tout de suite appréciée pour ses qualités. C'était une fille extraordinaire, humainement et sportivement. Elle était tellement impliquée qu'elle s'entraînait même avec les garçons», se souvient-elle, regrettant que les jeunes générations ne s'engagent pas davantage. «On ne peut pas arriver au sommet tout de suite et sans faire de sacrifices», résume le couple qui sait de quoi il en retourne.

Date:19.12.2019
Parution: 978

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