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Les commerçants râlent, la Municipalité rassure

Vevey Vitrines vides, places de parc supprimées, chiffre d'affaires en baisse: les petits commerçants de la vieille ville ont le blues. Face aux locaux désertés, la Municipalité assure que les missions du futur chef du service des finances comprendront la promotion économique et les relations avec les commerçants. Et réfléchit à redessiner en épi le marquage des cases de stationnement de la place du Marché.

Pour les commerçants interrogés, les vitrines vides du centre-ville illustrent bien la désaffection des consommateurs.

Texte et photo: Stéphane Armenti

«Nos clients ont perdu l'habitude de venir dans nos commerces! Montage et démontage de la Fête des Vignerons ont rendu la circulation difficile durant toute l'année. Beaucoup de places de parc ont disparu à la Place du marché (réd: 160 places sur 472). Donc les gens vont ailleurs!», déplore Frédérique Jotterand de la boulangerie du même nom, située rue du Lac. Comme Dominique Rizet de la boutique «Caline lingerie», même rue: «A la fin de l'année, je pourrai vous le dire avec certitude, mais pour moi, c'est environ 20% de chiffre d'affaires en moins». La cause? Selon eux, stationnement manquant, mais aussi fermeture du quai Perdonnet. Pour rappel, dès 2017 la Municipalité décide de le fermer aux voitures les samedis à 18h jusqu'au lundi matin. Lui aussi, très remonté, Ahmad Bahadli, du restaurant «Aladin», critique: «Je suis ouvert le dimanche, je perds des clients qui ne peuvent plus venir par le quai. Cette route est fermée alors que le trottoir est assez large pour les piétons. Une zone 20 km/h aurait suffit!»

Quai fermé, fruit d'un compromis

Il y a deux ans, les Autorités avaient opté pour «une solution de compromis», selon Jérôme Christen, cité par 24 heures: «Des gens aimeraient que nous fermions ce quai en tout temps, mais nous avons choisi une mesure plus proportionnée, notamment en ne bouclant pas le samedi afin de ne pas entrer en opposition avec les commerçants». Raté, puisque restaurant et boulangerie, ouverts le dimanche, désapprouvent la fermeture du quai.

Pour les commerçants interrogés, les vitrines vides du centre-ville illustrent bien la désaffection des consommateurs. «A l'instar de Montreux qui a une vraie politique de communication pour inciter les gens à venir, la Commune devrait aussi dire: «Venez à Vevey! C'est reparti!», lancent-ils en cœur.

« Certaines villes ont agi »

Le groupe Vevey Libre a relayé ces plaintes en septembre via une interpellation au Conseil communal, questionnant sur les actions des autorités destinées à soutenir leurs petits commerçants. Concernant les vitrines vides, l'Exécutif argumente, dans sa réponse: «Les bâtiments concernés par des vitrines vides sont en main privée et la Municipalité n'a pas de possibilité d'intervention». Au téléphone, Pascal Molliat, chef de groupe Vevey Libre, déplore: «C'est la réaction du PLR Etienne Rivier qui gère le dossier. Certaines villes ont agi cependant sans remettre en cause les dogmes libéraux, en mettant en place des incitations. Par exemple Delémont, en créant notamment un hub de contact propriétaires/commerçants. Dans une autre veine, Genève a mis en place une législation rendant obligatoire l'affectation des rez-de-chaussée du centre ville aux commerces de proximité et aux lieux d'animation».

Pour les places de parc, Pascal Molliat souligne: «Ce thème est en pleine évolution, mais ce qui me surprend, c'est que la Municipalité aurait dû attendre les compensations avant d'enlever celles de la place du Marché. C'est d'ailleurs un argument qu'elle avait utilisé pour la votation sur le parking souterrain».

Marquage revu à la place du Marché ?

Face à ces critiques, contacté par Le Régional, le municipal Rivier, en charge de l'économie, rétorque: «Le nouveau concept directeur du plan directeur communal prévoit que les rez-de-chaussée devront abriter magasins ou lieux d'échanges. Pour la place du Marché, il y a une double volonté, d'une part, le service de l'urbanisme a pensé donner l'esquisse future de la place dès maintenant. D'autre part, les voitures plus grandes nécessitent des places de stationnement plus grandes. Cela en diminue le nombre». Quant au marquage des cases de stationnement, il est possible qu'il soit redessiné en épi, avance Etienne Rivier.

De manière générale, l'édile concède cette autocritique: «La Municipalité prend aussi conscience qu'il est bon de proposer une démarche plus structurée avec l'économie de la ville, notamment dans le cahier des charges du futur chef de service des finances, nous avons clairement mis en exergue promotion économique et volonté de rétablir de bons liens avec les commerçants.» Une mesure déjà évoquée dans la réponse municipale à l'interpellation Vevey Libre, assortie du «maintien du poste d'adjoint à l'économie et au tourisme, dont le pourcentage n'est pas encore défini». Reste à savoir si cette charge passera la rampe du budget 2020.

Date:19.12.2019
Parution: 978

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