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La police à l'hôpital

Clarens Contrainte de quitter ses locaux voués potentiellement à la démolition, Sécurité Riviera pourrait s'installer à l'ancien hôpital de Montreux, en attendant la construction de son futur centre de la sécurité publique. Le site En la Faraz, propriété de la commune de la Tour-de-Peilz était jugé idéal. Mais la Municipalité refuse d'entrer en matière, voulant le réserver pour des installations sportives. Des élus réagissent.

Le bâtiment tout en longueur de la rue du Lac 118 à Clarens abrite depuis douze ans les locaux de Police Riviera. DR

Priska Hess

«Avoir une parcelle pour de futures installations sportives et de loisirs est primordial et nous voulons la conserver comme un petit bijou, même si nous n'avons pas de projet à ce jour». Pour Alain Grangier, syndic de la Tour-de-Peilz, pas question de mettre à disposition le terrain de 25'000 m2 En la Faraz, où se trouve la déchetterie, pour y construire le futur centre de la sécurité publique prévue par l'Association Sécurité Riviera (ASR). Celle-ci pourrait déménager d'ici 2021 des locaux de la rue du Lac 118 à Clarens, potentiellement voués à la démolition dans le cadre d'un projet immobilier privé. Au terme d'une étude sur les lieux potentiels les mieux adaptés, deux variantes avaient été retenues: le site actuel de Clarens et En la Faraz. La première étant fortement compromise en raison de son coût très élevé – une enveloppe de l'ordre de 50 millions pour les locaux bruts.

Dialogue constructif souhaité

«Pourquoi la Municipalité n'accepte-t-elle même pas d'entrer en discussion sur ce super projet de l'ASR, qui mettrait en valeur notre commune au niveau régional? C'est incompréhensible», s'étonne Christian Grobéty (PDC&Indépendants). Il a interpelé mercredi dernier la Municipalité lors d'une séance du Conseil communal mouvementée (voir encadré), démarche soutenue par une vingtaine de conseillers tous partis confondus. «Ce projet n'est pas conforme au nouveau Plan général d'affectation, qui destine la parcelle à des installations sportives ou en lien avec la déchetterie. Ou alors il faudrait une procédure de modification de ce plan, avec nouvelle mise à l'enquête! De toute manière, ce terrain est un petit bijou et on veut le garder au chaud», réitère le syndic. Christian Grobety demande en vain une réponse écrite, comme le prévoit pourtant le règlement du Conseil communal (suite sur www.leregional.ch). Estimant important qu'un «dialogue constructif» puisse être mené, il n'exclut pas de revenir avec un postulat, voire une motion.

«Petites adaptations»

De son côté, la commune de Montreux analyse d'autres variantes sur son territoire. Le nouveau centre ne devrait pas voir le jour avant 2025, mais le syndic Laurent Wehrli rassure: «Une solution transitoire a été trouvée sur le site de l'ancien hôpital de Montreux, évidemment pas à long terme car ces bâtiments doivent aussi être démolis. Seules de petites adaptations seront nécessaires pour les rendre conformes, entre autres, aux missions de Police Riviera». Un préavis devrait être déposé au Conseil intercommunal au premier trimestre 2020.

Comptage des voix laborieux et subventions refusées

Difficile de comprendre les causes du cafouillage, ce soir-là, au moment des votes lors du débat sur le budget. L’addition des voix s’est avéré particulièrement laborieuse, obligeant plusieurs fois l’assemblée à revoter sur un même objet. D’abord sur une subvention de 5'000 frs pour l’Asloca (Association suisse des locataires) que la gauche demande de remettre au budget. Apparemment accepté au premier vote, cet amendement est revoté mais à nouveau avec des doutes quant au résultat, si bien qu’un vote nominal est demandé, qui aboutit au refus de la subvention. Rebelote concernant le service de livraison à domicile Dring-Dring, autour de la demande de faire passer la subvention de 3'000 frs à 10'000 frs, finalement votée à bulletin secret et refusée par 36 non… contre 35 oui.

La subvention à la Fondation du Musée Suisse du Jeu a aussi donné lieu à de longues discussions, suite à une proposition de ne pas l’augmenter de 50'000 frs pour la maintenir à 695'000 frs. La formulation de la question posant cette fois problème, il a là aussi fallu s’y reprendre à plusieurs fois. L’amendement a finalement été accepté et la subvention maintenue à 695'000 frs.

 

«Il ne peut pas découper une réponse dans un PV!»

Dans son interpellation, Christian Grobéty (PDC&Indépendants) demande de la part de la Municipalité une réponse écrite. «Il n’y aura pas d’autre réponse écrite que ce qui figurera dans le procès-verbal», tranche le syndic Alain Grangier, après avoir apporté oralement des réponses et éclairages, tout en relevant des «confusions et inexactitudes» dans l’interpellation. En particulier «la confusion d’une lettre, entre le PGA (Plan général d’affectation) et le PPA La Faraz (Plan partiel d’affectation) qui concerne la parcelle privée voisine, si bien que l’interpellation n’a plus de sens!» selon lui. Une erreur faite à la base dans le rapport même de l’étude réalisée par Sécurité Riviera, mais due selon toute vraisemblance à une distraction, puisque c’est bien la parcelle propriété communale En La Faraz qui était envisagée pour l’implantation du futur centre – où prévaut donc uniquement le PGA.

«Il ne peut tout de même pas découper cette réponse dans le procès-verbal pour la transmettre à l’ASR!» réagit à son tour Aloïs Raemy, président du groupe PDC&Indépendants, invoquant l’article 96 du règlement du Conseil communal qui prévoit que «s’il le juge nécessaire, l’interpellateur peut exiger une réponse écrite». Nouveau refus du syndic. Contacté par téléphone, il annonce qu’une «réponse écrite succinte» sera quand même donnée. «Si la réponse n’est pas satisfaisante ou incomplète, j’envisage le dépôt d’un postulat, voire d’une motion, accompagné et soutenu par les conseillers communaux qui ont compris l’importance des enjeux de cette interpellation», souligne pour sa part Christian Grobéty.

Date:19.12.2019
Parution: 978

Visionnaire et unique en Suisse

La future «Maison de la sécurité publique» ou «Centre de compétences sécuritaires intégrant également les partenaires cantonaux» pourrait réunir sur un même site la police, les ambulanciers, la caserne des pompiers, la protection civile ainsi que les services administratifs. Un projet visionnaire et unique en Suisse, avec aussi des logements d'utilité publique valorisant l'engagement de volontaires par une baisse de loyer, ainsi qu'un dojo accessible aux sociétés locales. «Sans oublier que la mise à disposition de la parcelle pourrait rapporter quelques centaines de milliers de francs par an à la commune», souligne Christian Grobéty. Ce que ni Jean-Pierre Schwab, ni Alain Grangier ne peuvent confirmer. A titre comparatif, le droit de superficie accordé par la Ville à la Coopérative les Jardins de la Paix, qui construira des logements à loyer abordables sur 2'200m2 près de Vassin, prévoit une redevance annuelle de 154'000 frs.

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