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Fin de la saga des horaires

Vevey Le 5 décembre, une large majorité du Conseil communal a refusé d'autoriser les magasins à étendre leurs horaires jusqu'à 18h. Argument principal: pas de négociation sans convention collective de travail. Huit années de débat qui trouvent leur épilogue. Récit.

La Société industrielle et commerciale de Vevey (SIC) souhaitait une prolongation des horaires d'ouverture le samedi notamment pour lutter contre le tourisme d'achat.M. Rouiller

Amit Juillard

Le feuilleton a pris fin le 5 décembre. Depuis 2011, la Société industrielle et commerciale de Vevey (SIC) demande une prolongation des heures d'ouverture des magasins sous différentes formes. Objectifs de la SIC, dont les grandes surfaces et l'Association des commerçants de Vevey (ACV) sont membres: s'adapter aux nouvelles habitudes des consommateurs, qui font leurs courses en fin de journée, et lutter contre le tourisme d'achat ou le commerce en ligne. La dernière requête tombe en juin 2017: repousser la fermeture des commerces veveysans de 17h à 18h le samedi, comme à Blonay, Nyon ou Lausanne.

En octobre 2018, la Municipalité dépose un préavis en ce sens. En compensation, le samedi, les détaillants alimentaires ne pourraient plus ouvrir avant 8h, les autres pas avant 9h. Aujourd'hui, tous ont le droit de vendre dès 6h. Mais Unia ne l'entend pas de cette oreille: pas question de modifier le règlement sans convention collective de travail (CCT). Le syndicat distribue des flyers, dépose une pétition et fait planer la menace d'un référendum dans les colonnes du Régional (édition 928) peu avant le vote du Conseil communal en décembre. Qui n'aura jamais lieu: l'Exécutif décide au dernier moment de retirer son projet.

L'épisode Fête des Vignerons

Puis vient la Fête des Vignerons, du 18 juillet au 11 août 2019. A l'aube de l'événement et dès le 1er juin, la Municipalité autorise les boutiquiers à ouvrir jusqu'à 20h du lundi au samedi. Unia s'oppose à une ouverture prolongée avant le début de la manifestation, mais perd au Tribunal cantonal. Un organe de médiation est mis sur pied pour régler les éventuelles situations conflictuelles entre employés et employeurs. Octobre 2019. «Compte tenu des expériences acquises durant la Fête des Vignerons», la Municipalité retente sa chance et présente le même préavis qu'un an auparavant. En y ajoutant la création d'un organe de médiation. Le 5 décembre au Conseil communal la gauche fait bloc. «Tant qu'il n'y aura pas de CCT, nous n'entrerons pas en matière, avertit Antoine Dormond (Les Verts). Actuellement, les plages horaires sont suffisantes pour faire ses courses et il faut penser à la vie familiale des employés.» En face, Patrick Bertschy (PLR) rétorque: «Vevey ne peut pas rester une île sur la Riviera.» Durant la semaine ou le week-end, Montreux, La Tour-de-Peilz et Blonay sont plus permissives en la matière. «Nous ne voulons pas d'une décision unilatérale qui ne va pas favoriser les petits commerçants», souligne quant à lui le centriste Pascal Molliat (Vevey Libre). Au vote, seuls le PLR, la majorité de l'UDC et quelques élus d'autres partis disent oui. C'est non pour la gauche et la majorité du centre.

Référendum évité

«C'est bien, le non l'a remporté à une large majorité et le préavis n'a pas été soutenu par la totalité de la droite, se réjouit Giorgio Mancuso, secrétaire syndical à Unia, joint par téléphone. Les partis ont pris conscience de la nécessité d'une CCT cantonale. Nous sommes également satisfaits de ne pas avoir dû partir en référendum.» Contactée, la SIC ne souhaite pas s'exprimer: «Nous prenons acte de la décision, laquelle est une décision politique qui est exécutoire. Par conséquent, nous ne la commentons plus. Au politique d'assumer», lance Philippe Oertlé, vice-président. Le sujet semble cette fois clos.

Date:16.01.2020
Parution: 979

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