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Belle sera la gare, les trains s'y arrêteront plus tard

Bex Très attendus, les travaux de réaménagement et de modernisation de la gare débuteront le 3 février et s'achèveront en septembre 2021. Investissement: 28 millions. Pour une cadence des trains à la demi-heure en revanche, il faudra encore patienter au moins jusqu'en 2025.

À terme, toute la place de la gare sera remaniée et modernisée.SBB CFF FFS

Textes: Valérie Passello

«Nous organisons toujours des séances d'information au sujet du réaménagement des gares, mais c'est la première fois que je vois une salle aussi comble», témoigne Julie Prod'hom, responsable de la communication sur les projets d'infrastructure CFF en Suisse romande. En ce 16 janvier, environ 250 Bellerins ont répondu à l'invitation de l'ex-régie fédérale, pour la présentation des travaux à venir en gare de Bex. Programmés dès le 3 février, ceux-ci s'étaleront jusqu'en septembre 2021. Une démarche attendue de longue date. Alors que les premiers contacts des Autorités bellerines avec les CFF datent d'il y a près de vingt ans, la machine est enfin lancée.

Le «saut de l'ange» à l'arrière du quai N°1, forçant les passagers à un bond d'une hauteur de 55 cm, ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Au menu, pour une enveloppe de 28 mios, le rehaussement des quais, leur mise en conformité en termes de distances de sécurité et la création d'un passage sous-voie digne de ce nom, comprenant une rampe pour les personnes à mobilité réduite. Des abris destinés aux passagers verront également le jour de chaque côté des voies. À terme, la station bellerine devrait beaucoup ressembler à sa voisine aiglonne. Mais si ces travaux font l'unanimité, c'est surtout sur la desserte de la gare que le public intervient (voir encadré). Seules quelques questions portent sur l'avenir des trois arbres situés devant le Buffet de la gare, dont un devrait être sacrifié, sur les places de parc, dont le nombre sera maintenu, ou encore sur les abris à vélos, les usagers désirant des emplacements sécurisés.

Un vieux bâtiment gênant

À la base, la mise à l'enquête publique des travaux des CFF devait être coordonnée avec celle des modifications prévues par les Transports Publics du Chablais (TPC). Ces derniers souhaitent allonger le tracé du train Bex-Villars-Bretaye, afin qu'il s'arrête parallèlement aux voies CFF. La place de la gare doit, elle aussi, subir un remaniement.

Mais un bâtiment pose problème, souligne le chef de projet des travaux CFF en gare de Bex Dominique Sallin: «Cette gare est l'une des dernières du canton où subsiste un ensemble de constructions typiques, classées d'intérêt local. Pour notre part des travaux, nous avons obtenu l'autorisation de démolir l'abri du quai N°2, ainsi que les WC. Cependant, l'Office fédéral de la Culture s'oppose à la disparition d'une ancienne halle à marchandises, qui se trouve dans le prolongement de la gare, côté Valais.» Afin d'éviter de freiner l'avancée du dossier de mise à l'enquête CFF, la démolition de ladite halle n'y a donc pas été intégrée. Le syndic bellerin Pierre Rochat précise: «Elle le sera dans celui des TPC, qui devrait être mis à l'enquête en mars-avril. En espérant que Berne l'accepte.»

Cadence à la demi-heure: à trois minutes du bonheur

Avec ses quelque 1'800 usagers quotidiens, la fréquentation de la gare de Bex est qualifiée de «moyenne». Selon les projections, le nombre de voyageurs devrait passer à 2'300 en 2025 et franchir le cap des 3'000 à l'horizon 2040. Les Bellerins tiennent néanmoins à exprimer leur mécontentement face à une desserte jugée «insuffisante». La cadence à la demi-heure est assurée aux heures de pointe, mais un seul train par heure fait halte à Bex, dans chaque sens, le reste de la journée.

«Depuis la fin de l'année dernière, s'insurge un habitant, on nous a supprimé l'Interrégio en direction de Genève aéroport. Il a été remplacé par un Régio Express, un tortillard qui s'arrête à toutes les gares jusqu'à Annemasse!» Les quelque 45 pendulaires qui circulent en direction du Valais sont aussi lésés, contraints, la plupart du temps, de monter dans le train à Aigle ou Saint-Maurice, pour partir en direction de Sion. Le retour n'est pas plus aisé, allongeant du même coup les temps de trajet.

Réponse de Simon Wagnières, responsable régional de la division voyageurs des CFF: «Pour ceux qui se rendent en Valais, un effort sera fait. Leur billet ne leur coûtera pas plus cher, même s'ils doivent se rendre à Aigle pour reprendre le train dans l'autre sens. Concernant la desserte, Bex se trouve entre deux nœuds ferroviaires, qui sont Lausanne et Viège. Or, il n'est pas possible d'accélérer les trains entre ces deux destinations. Aujourd'hui, il manque trois minutes pour assurer une cadence à la demi-heure à Bex.» Cet état de fait est également dû au chantier en cours à la gare de Lausanne, ajoute-t-il: «Ces travaux doivent être faits pour améliorer la desserte future. Mais il est vrai qu'ils entraînent des contraintes et des retards sur le réseau. Pour nous, c'est un défi permanent de les réaliser pendant l'exploitation.» Le syndic Pierre Rochat tient toutefois à apaiser les citoyens: «Nous nous battons pour obtenir la cadence à la demi-heure dans les deux sens. Les CFF nous garantissent que ce sera possible en 2025 ou 2026.»

Date:23.01.2020
Parution: 980

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