Télécharger
l’édition n°981
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Des canidés polaires à l'assaut des Mosses

Chiens de traineaux Du 29 février au 1er mars, rendez-vous au Pays d'Enhaut pour glisser dans une ambiance Pôle Nord, avec la Course internationale de chiens de traîneaux. En compétition, 70 attelages suisses et internationaux et de nombreuses disciplines, du sprint au ski-jöring. Avec environ trente chiens à disposition, des balades familiales seront également mises en place. Une manifestation des plus attrayantes, sous laquelle se cache un milieu de passionnés - qui peine cependant à se développer en Suisse. Éclairage.

Photo de fond: Edition 2019, catégorie skijöring. J. Crespo

Daniella Gorbunova

Attention, chiens polaires! Du 29 février au 1er mars, quelque 70 attelages de chiens de traîneaux dévaleront les pistes des Mosses à l'occasion de la Course internationale consacrée à ces canidés et leurs propriétaires passionnés. Au rendez-vous, pour un parcours allant des Mosses jusqu'à La Lécherette, des participants suisses et internationaux – avec notamment la France, l'Allemagne et l'Angleterre déjà annoncés. Du sprint au ski-jöring, de nombreuses disciplines seront représentées. Organisée par l'Office du tourisme des Mosses et le Musher Club, avec l'appui de SOS chiens polaires, la manifestation se veut spectaculaire. Le public, qui pourra également profiter de balades en traîneaux au départ de l'Arsat ainsi que d'une cantine, sera ainsi plongé au cœur d'une ambiance à l'image du Pôle Nord – glacialement bucolique.

«Mushers» en voie d'extinction

«La compétition en soi a lieu depuis très longtemps. Le Musher club a repris les rênes de l'organisation depuis deux ans maintenant, précise Sophie Labastie, l'une des responsables de l'association et organisatrice de la course. Auparavant, les Mosses collaboraient avec un club suisse allemand». Le Musher Club, qui recense essentiellement les fans de chiens de traîneaux romands, compte actuellement quelque huitante membres. Un chiffre toujours en baisse pour l'un des quelques clubs existant en Helvétie: «Il est devenu de plus en plus compliqué d'avoir des chiens de meute en Suisse, déplore Sophie Labastie. Le nombre de membres a par conséquent tendance à diminuer progressivement. Car nous sommes dans un pays avec relativement peu d'espace. Aussi, sur le plan des mentalités, j'ai l'impression que c'est une ère d'individualisme: les gens ne supportent plus grand-chose, comme les cloches des vaches notamment. Et une meute de chiens de traîneau peut hurler au son des cloches de l'église, par exemple. Cela a tendance à énerver les gens. Alors que, dans la pratique, les huskys restent moins bruyants qu'un chien de ferme.»

Un sport qui rime avec liberté et grands espaces, ce qui pousse les «mushers» les plus assidus à se délocaliser: «La plupart des «mushers» qui ont une grande meute ont également une maison dans le nord, en Norvège ou en Suède par exemple», précise l'organisatrice. Mais si les complications liées à l'animal peuvent apparaitre comme rédhibitoires, bien des adeptes du sport canin diront que le jeu en vaut la chandelle: «Ce sport est synonyme d' un retour aux sources. Il y a, avant tout, le contact avec l'animal, puis le contact avec la nature. Mais pour être «musher» il faut être passionné – c'est tout un style de vie. Notre vie familiale est régie autour de la meute, avec la meute. Ainsi, ce sport ne peut être juste un passe-temps.»

Le husky, un mode de vie

Lors de la manifestation, c'est SOS chiens polaires qui sera à la tête des animations familiales et mettra en place des balades en traîneaux d'environ quinze minutes. Très populaires, ces sorties sont principalement réservées aux enfants. Trente chiens, abandonnés ou maltraités avant d'être récupérés par l'association, seront au rendez-vous pour le plaisir des apprentis mushers. Si l'activité peut donner des envies d'adoption, les organisateurs restent pragmatiques, et encouragent le public, séduit par les beaux canidés aux yeux perçants, à en faire autant: «Lors de ces balades, nous essayons également de sensibiliser les familles au fait que ce ne sont pas des chiens d'appartement, affirme Carine Mettraux, pionnière du groupe créé il y a onze ans maintenant. Ce sont des animaux qui aiment courir, qui ont besoin d'exercice physique. Nous ne voulons dégouter personne, mais plutôt mettre en avant ce qu'implique un chien de traîneau – ce n'est pas juste une jolie bête.» Sophie Labastie confirme: «Ce sont des chiens qui ont besoin de beaucoup d'attention: entraînements, sorties, espace à disposition... Il faut prendre ces facteurs en compte avant de se lancer. La plupart des gens pratiquent ce sport en couple - c'est plus facile à gérer à deux.»

Mais actuellement, c'est surtout le climat qui donne un coup de chaud aux passionnés de traîneaux: «Il y a de moins en moins de courses en Suisse, regrette Carine Mettraux. Notamment à cause des conditions météorologiques – il n'y a plus assez de neige.»

Infos et inscriptions sur www.musherclub.ch

Date:30.01.2020
Parution: 981

Dans ce dossier

Documents

Vidéo
Documents audio