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Toutous et maîtres retourneront à l'école

Animaux Dès 2021, les nouveaux détenteurs de chiens devront suivre une formation obligatoire en Valais. Dans le canton de Vaud, en revanche, ces cours ont été abandonnés il y a trois ans, à quelques exceptions près. Le point avec une éducatrice canine agréée, basée aux Evouettes.

Pour Mélanie Amstein Elsener, poser les bonnes bases dès le départ permet d'éviter la survenue de problèmes durables.DR

Valérie Passello

«Quand on prend un chien, on s'engage pour environ quinze ans. Mieux vaut acquérir les bons réflexes dès le départ, tant pour le propriétaire que pour son chien, afin d'éviter des années de galère», considère Mélanie Amstein Elsener. Cette éducatrice canine des Evouettes est l'une des trois monitrices agréées du Chablais valaisan à même de dispenser une formation obligatoire pour les nouveaux détenteurs de chiens, selon la liste officielle de l'Association Cynologie Formations Suisse (ACFS).

Pendant neuf ans et jusqu'en décembre 2016, des cours obligatoires étaient prévus dans le cadre de l'ordonnance fédérale sur la protection des animaux. Introduit après plusieurs cas graves de morsures, ce devoir n'est désormais plus en vigueur (voir encadré), le Conseil national estimant l'impact de la formation «difficile à mesurer» en regard des statistiques.

Le canton du Valais, où le nombre de procédures ouvertes par l'office vétérinaire dans le domaine des affaires canines est en hausse ces dernières années, passant de 120 en 2016 à plus de 200 en 2018, va néanmoins réintroduire une telle formation. Elle durera au minimum six heures ou huit périodes de 45 minutes et concernera toute personne de plus de seize ans n'ayant jamais possédé de canidé auparavant. Un délai transitoire a été fixé; les personnes qui feront l'acquisition de leur premier chien durant l'année 2020 auront jusqu'à fin 2021 pour montrer patte blanche. Dès 2021, ce délai sera d'une année, à partir de l'arrivée du chien au sein du foyer.

Un peu court?

Dans le cadre de son école Eduk'wouaff, Mélanie Amstein Elsener enseigne sur la base du renforcement positif, récompensant les bons comportements au lieu de sanctionner les mauvais. «Le but est que le propriétaire ait une bonne lecture de son compagnon et que celui-ci soit bien dans ses pattes, relève-t-elle. Obligatoires ou non, ces cours sont de toute façon une occasion de partager une activité sympa avec son chien.» Surprise d'apprendre la décision cantonale par la presse, la monitrice se montre perplexe quant à la durée de la formation: «Auparavant, il y avait quatre heures de théorie et autant de pratique. Je trouvais déjà que c'était relativement peu.»

Le vétérinaire cantonal Eric Kirchmeier répond: «La durée a été établie après diverses consultations et résulte d'un compromis entre efficacité et contrainte imposée aux détenteurs de chiens. Tout en sachant qu'il est toujours possible de faire mieux avec plus, nous avons estimé que cette durée devrait être suffisante.» Un mandat de prestations a été conclu entre l'Etat du Valais et l'ACFS, pour la reconnaissance des formateurs habilités et pour l'instruction de ces derniers.

Bien vivre avec les autres

«La formation vise à sensibiliser les personnes à la manière de détenir les chiens, conformément aux règles de la protection des animaux et de vie en société, reprend Eric Kirchmeier. Pour atteindre les buts définis, la liberté est laissée aux personnes compétentes que sont les éducateurs pour utiliser leurs méthodes et les exercices appropriés.» Chez Eduk'wouaff, la sociabilisation du chien passe par divers exercices, décrit Mélanie Amstein Elsener: «Dans le cadre de nos cours, plusieurs chiens sont présents, ils apprennent ainsi à côtoyer leurs semblables. Nous faisons aussi des exercices de marche en laisse ou de rappel, toujours sous une forme ludique. De plus, nous leur montrons comment bien réagir face à des cyclistes, à des joggeurs, ou à des personnes qui portent une pèlerine, par exemple.»

Des immersions en ville complètent la formation, pour que l'animal ne panique pas au moment de prendre l'ascenseur, d'emprunter un passage sous-voie ou de voir s'arrêter un train. «Le but est d'en faire de bons chiens de famille, qui puissent sortir n'importe où et s'intégrer dans la société», résume l'éducatrice canine.

En Valais, dont la population est de plus de 341'000 habitants, 23'304 chiens étaient enregistrés à la mi-2019 dans la commune de résidence de leurs propriétaires. C'est cette dernière qui vérifiera que la formation a bien été suivie, sur la base d'un certificat délivré à l'issue de la formation, au moment de l'encaissement de la taxe sur les chiens.

Date:06.02.2020
Parution: 982

Autre canton, autre politique

Vaud, comme tous les cantons suisses, a aboli dès 2017 les cours obligatoires pour les détenteurs de chiens, suivant la législation fédérale. Mais les propriétaires de certaines races, comme les rotweiler, amstaff, pit-bull et autres croisements issus de ces types de chiens, y sont toujours astreints. Ces dix dernières années, selon les chiffres fournis par le canton, le nombre de chiens vivant en terre vaudoise est resté stable, à quelque 61'000 individus pour un peu plus de 800'000 habitants à ce jour. La moyenne des morsures sur la dernière décennie est également stable, soit d'environ 395 par an. Questionné sur l'éventuelle réintroduction de cours obligatoires, à l'instar de la décision prise en Valais, le vétérinaire cantonal vaudois Giovanni Peduto informe: «Compte tenu des chiffres précités, il n'y a pas de modifications de la pratique à l'étude.»

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