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Finances

A Paudex, l'état d'urgence est décrété

Etouffées par d'énormes contributions à la péréquation et la facture sociale, plusieurs communes dites riches n'arrivent plus à assurer leur ménage courant et leurs investissements. C'est le cas de Paudex qui n'a plus un franc de réserve, le Canton pompant 70 % des recettes, déplore le syndic Farhad Kehtari, qui plaide pour une meilleure répartition.

A Paudex, l'état d'urgence est décrété

Nina Brissot

«L'urgence c'est maintenant. Plus encore que pour le climat. Les communes s'étouffent et nous n'avons pas de Greta pour sensibiliser l'opinion publique. Nous vivons à crédit et créons d'importantes hypothèques pour les générations qui nous suivront. Est-ce vraiment ce que nous voulons?» Ce cri du cœur, c'est le syndic de Paudex, Farhad Kehtari qui le lance. Et il poursuit: «Paudex est assimilée à une commune riche. Oui nous avons des contribuables aisés, qui paient leur lot d'impôts faisant apparaître de grosses sommes pour la Commune. Mais la Commune doit ensuite en rétrocéder jusqu'à 70% à l'Etat et le pire est que nous n'avons aucune maitrise sur le financement de cette facture sociale qui, chaque année, augmente. De par la loi, les communes ont l'obligation d'encaisser les impôts et de justifier à quoi chaque franc est attribué. Mais nous ne maitrisons rien de la grosse part attribuée à la facture sociale. Contribuer au-delà de notre capacité financière est insensé. Nous perdons notre autonomie. Malgré l'augmentation de 6,5 points d'impôt, nous avons un déficit de plus d'un million de francs chaque année. Le compteur tourne et nous ne pouvons pas continuer ainsi».

D'autres communes s'insurgent

La fronde n'est pas une vertu suisse. Pourtant, la grogne s'installe de plus en plus ouvertement. On a vu le cas de Rolle qui a osé dire trop c'est trop et ignorer la hausse des charges cantonales. Un amendement au budget a exigé un ratio de 63% des revenus communaux (comme avant la hausse cantonale) récupérant 6 millions sur les 28 demandés. Et pas question pour le Canton de récupérer sur la compensation de l'Etat pour soulager l'effet de la RIE III, les 3,4 millions dus sont inscrits comme recettes et non comme subventions. Combien de communes oseront faire pareil? Et est-ce légal? En tous les cas, Crans-près-Céligny et Rolle, peut-être Bursinel, ont déjà décidé de faire recours au Tribunal cantonal contre les chiffres définitifs de la facture sociale qui seront annoncés par le Canton au mois de juin.

Des assises ont été organisées à Rolle le 23 janvier dernier sous le thème «Pour des communes fortes. Un groupe de réflexion et d'action vise à accélérer la réforme du système existant dans la perspective d'une reprise de la facture sociale par le Canton, dont les finances s'affichent saines voire redondantes. En attendant cette réforme, Paudex souhaiterait revenir de suite à ce qui existait, soit 1/3 pour les Communes, 2/3 pour le Canton. «Ce serait déjà un ballon d'oxygène», précise le syndic.

Investissements non couverts

«Notre marge d'autofinancement est négative. Nous devons emprunter pour vivre», déplore le syndic. Nous avons dû rénover le collège et les travaux du complexe communal sont en cours pour un total de 10,5 millions. Il a fallu, dans l'urgence, renouveler les canalisations de plusieurs quartiers et nous devrons, sans attendre, attaquer la rénovation de la route du Lac, engendrant des dépenses inévitables entre 2 et 3 millions. Là-dessus va se greffer le Bus à haut niveau de services (BHNS) devisé à 8,5 millions que nous n'avons pas. Nos réserves sont à zéro, les emprunts à 14 millions». Pour Paudex, c'est une véritable urgence à entreprendre des actions contre l'appauvrissement de la commune.

Date:13.02.2020
Parution: 983

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