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Rennaz

Ce robot qui sait lire les ordonnances

Installée sur le site du nouvel Hôpital Riviera-Chablais, la Pharmacie des Hôpitaux de l'Est Lémanique a ouvert ses portes au public le 1er février. Une occasion de présenter ses équipements à la pointe de la technologie, comme l'automate permettant la gestion des stocks et la distribution de médicaments.

Ce robot qui sait lire les ordonnances

Valérie Passello

Imposant, le robot trônant dans les locaux de la PHEL (Pharmacie des Hôpitaux de l'Est Lémanique), au cœur de l'Hôpital Riviera-Chablais (HRC), peut avaler 60'000 boîtes de médicaments. Il les scanne, les identifie, les range en tenant compte de leur date de péremption et gère les stocks. En fonction des commandes internes et externes à l'établissement, il distribue, de son bras mécanique, les remèdes appropriés aux personnes idoines. «Chaque nuit, le robot réalise même un inventaire», précisent les deux employées chargées de présenter la machine au public en ce 1er février. Plus de 300 personnes ont fait le déplacement pour découvrir les coulisses de cette pharmacie pas tout à fait comme les autres.

L'automatisation des commandes assure la gestion de plus de 60% des articles en mains de la PHEL. Entièrement informatisé, le système a également l'avantage de permettre le traitement d'une prescription émise à distance et à n'importe quelle heure, en cas d'urgence. L'appareil, qui a coûté près de 500'000 frs, se compose de deux grands caissons jumeaux, reliés, mais indépendants. Les stocks de médicaments y sont également répartis, de manière à assurer un approvisionnement, même en cas de panne de l'un des deux modules.

Plusieurs partenaires

La PHEL est une association à but non-lucratif qui compte 69 employés, pour 47 équivalents plein temps. Elle travaille en collaboration étroite avec l'HRC, qui fait partie de l'association, au même titre que d'autres membres de la Fédération des Hôpitaux Vaudois. Directeur et pharmacien-chef de la PHEL, Nicolas Widmer indique: «Nous travaillons de manière privilégiée pour les hôpitaux publics de la région. Mais nous avons aussi des partenariats avec des cliniques privées de la Riviera, ainsi qu'avec 15 EMS.»

Au sein de la PHEL, une équipe dédiée prend d'ailleurs en charge la préparation des semainiers destinés aux résidents des EMS. Là encore, un robot prête main forte au personnel. Mais cet autre appareil n'est pas nouveau, puisqu'il se trouvait sur le site du Samaritain à Vevey depuis 2011. Le personnel extrait à la main les médicaments de leur emballage et les introduit dans la machine. Celle-ci prépare alors des sachets contenant un ou plusieurs comprimés, correspondant à la prescription journalière des patients. Sur les quelque 14'600 sachets hebdomadaires produits, figurent l'identité de la personne concernée, son numéro de chambre dans l'EMS, le dosage prescrit et l'heure de la prise. Les membres de l'équipe procèdent encore à une vérification avant la livraison aux différents établissements partenaires.

Humains toujours indispensables

Le déménagement à Rennaz a permis à la PHEL de bénéficier de locaux plus spacieux et d'équipements plus modernes. Mais les machines ne remplacent pas les collaborateurs. Les employés du secteur assistance pharmaceutique et pharmacie clinique, par exemple, jouent un rôle important au sein de l'hôpital. Notamment en donnant aux infirmiers et aux médecins des renseignements sur l'association de plusieurs médicaments, en effectuant des visites régulières au sein des services cliniques, ou en dispensant des formations.

L'équipe du secteur fabrication n'est pas en reste, puisque c'est elle qui prépare des pommades, sirops ou gélules ne se trouvant pas sur le marché, pour des raisons de dosage. C'est également ce secteur qui est en charge de la préparation de quelque 8'000 traitements de chimiothérapie annuels, dans des laboratoires stériles hautement sécurisés.

Nicolas Widmer conclut: «L'arrivée du robot n'a entraîné aucun licenciement. Mais il libère les assistantes en pharmacie d'un travail relativement rébarbatif, ce qui permet de valoriser leurs compétences.» Ces dernières peuvent ainsi être actives au sein même des différentes unités de soins de l'hôpital. Dans les étages, elles gèrent les stocks de médicaments en réapprovisionnant régulièrement des armoires spécifiques, sous contrôle informatique permanent. Elles sont aussi en contact direct avec les infirmiers.

Date:13.02.2020
Parution: 983

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