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Les sports de glisse extrêmes, de la marginalité à la professionnalisation

Le 29 février, la glisse sera à l'honneur, avec le Championnat Freestyle romand, dont la station est l'une des étapes clefs, la neuvième. L'occasion pour les 600 riders présents de se mesurer, mais surtout d'apprendre et d'attirer le regard des sélections et des sponsors. Grégoire Marguet, à la tête du Freestyle Tour, apporte son regard sur le développement de la discipline, qui a atteint un niveau général si élevé qu'il peut décourager les jeunes, déplore-t-il. Eclairage.

Les sports de glisse extrêmes, de la marginalité à la professionnalisation

Daniella Gorbunova

Le freestyle, ce sont des skieurs et snowboardeurs de tous âges et tous niveaux. Une approche multigénérationnelle qui permet aux plus jeunes de côtoyer les meilleurs et d'améliorer leur niveau, quelle que soit leur place sur le podium. Mais au-delà, la compétition a également pour but de rendre visibles les jeunes espoirs. C'est l'occasion, pour les plus talentueux, de se faire repérer par les sélections romandes, valaisannes, ou par des sponsors potentiels. Pour beaucoup de skieurs et de snowboarders, les événements du Tour Freestyle Romand sont leurs premières compétitions en freestyle. Ça a été le cas notamment pour Mathilde Gremaud, médaillée d'argent aux Jeux de Pyeongchang. Les quelque 600 athlètes attendus, en catégorie élite, moins de 15 ans ou moins de 13 ans, devront affronter l'un des deux «kickers» construits. Cela pour espérer remporter la première place, mais surtout pour acquérir de précieux points en vue du classement final, qui suivra les 17 étapes que comporte le Tour, avec Leysin en 9e position.

Rassemblement récent

Mis sur pied sous sa forme actuelle en 2017 seulement, le championnat est né d'une volonté d'unification et de regroupement. Grégoire Marguet, président du Tour Freestyle Romand et l'un des pionniers de la discipline en Romandie, est la cheville ouvrière de ce rassemblement. Il explique: «Historiquement, cela fait environ 25 ans que nous organisons des événements dans la région, initialement dans des petites stations comme les Pléiades ou les Mosses. Mais, il y a environ douze ans, je me suis dit que cela pourrait être intéressant de créer un calendrier de tous les événements romands de freestyle. Car j'ai remarqué que les jeunes avaient souvent de la peine à les trouver par eux-mêmes. Finalement, il y a deux ans, le comité mis en place et moi-même nous nous sommes lancés dans l'organisation d'un tour romand, avec un classement à la clef.» Quant aux différentes étapes de la grande compétition, elles sont généralement l'œuvre des stations et des associations qui les représentent. Sauf pour Leysin, où le comité de Freestyle Romand met lui-même la main à la pâte.

Discipline en plein boum

Nés progressivement dans le courant des années 1980 et 1990, le ski et snowboard freestyle sont considérés comme des sports extrêmes. Les deux disciplines, souvent rassemblées lors des événements, sont récentes et encore en pleine expansion. Le ski freeride est représenté aux Jeux Olympiques depuis 2014 seulement, alors que le snowboard, quant à lui, attend toujours sa place. «J'ai plus ou moins l'âge de la discipline, qui a fait ses débuts lorsque j'étais adolescent, confie Grégoire Marguet. J'ai donc eu la chance de vivre avec les prémices du freestyle, et de voir son évolution. En tant que coach également, je me suis rapidement rendu compte qu'il y avait très peu de choses qui se passaient au niveau romand. Et c'est là que j'ai voulu tenter de réunir tous les acteurs de la région.»

Juniors à l'honneur

Le freestyle, qui a presque achevé de s'institutionnaliser ces dernières années, est néanmoins victime de son succès. Conséquences: des athlètes de plus en plus jeunes et un niveau général qui peut démotiver les novices et les curieux. «Aujourd'hui, les choses ont beaucoup changé, regrette Grégoire Marguet. Il y a vingt ans, les personnes qui voulaient s'initier au freestyle commençaient sans autre à en faire un petit peu. Car les parcs étaient de petite taille, et le niveau général était relativement bas. Mais les différentes structures d'entraînement se sont tellement développées ces dernières années que le niveau a explosé.»

Plus petits, plus légers, les juniors sont généralement sur le devant de la scène: «Nous l'avons bien constaté lors des JOJ à Leysin, des jeunes qui ont entre quinze et dix-huit ans ont désormais atteint un niveau extrêmement élevé mondialement. Mais la contrepartie de ce développement incroyable est qu'il y a de moins en moins de jeunes intéressés par cette discipline, car le niveau général est élevé jusqu'à en devenir effrayant et décourageant», déplore le chef de l'organisation. Avant d'ajouter: «Les figures techniques sont de plus en plus difficiles à comprendre, ce qui rend la chose moins accessible également. Cela en plus de la professionnalisation et de la structuration qu'a connu le milieu ces dernières années.» C'était donc mieux avant? Pas exactement: «Les puristes, dont je faisais partie à l'époque, regrettent un peu la liberté dont nous bénéficiions. Mais, d'un autre côté, il a fallu passer par la structuration pour atteindre une certaine reconnaissance, qui était absente au départ. Et finalement, tous les sports suivent cette même évolution.»

Programme complet et inscriptions sur tourfreestyleromand.ch

Date:13.02.2020
Parution: 983

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