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Objectif: redorer la voie de l'apprentissage

Promotion de l'apprentissage dès l'école obligatoire, création de 1'000 nouvelles places d'ici à 2022 et objectif 95% de réussite aux examens: le Canton déploie une série de mesures pour attirer plus de jeunes vers la formation professionnelle.

Objectif: redorer la voie de l'apprentissage

Priska Hess

Seize médailles, dont cinq titres de champion du monde: lors des Worldskills (Mondial des métiers) à Kazan en août 2019, les jeunes professionnels suisses se sont à nouveau illustrés, faisant de notre pays la meilleure nation d'Europe avec une troisième place sur plus de 60 pays participants. Mais si le système de formation dual, spécificité helvète, jouit d'une très bonne réputation à l'étranger, cette voie souffre d'un problème d'image en Romandie. Dans le canton de Vaud, seuls 21% des adolescents choisissent l'apprentissage à l'issue de la scolarité obligatoire, soit moins que ceux qui optent pour une année de mesures intermédiaires ou de transition. Vers 24 ans, ils sont par contre environ 46% à faire ce choix. Pour l'Etat de Vaud, il s'agit d'infléchir ces tendances. Comment? En valorisant le système de formation professionnelle, «une priorité» pour la conseillère d'Etat Cesla Amarelle. Objectif: que 95% des jeunes de 25 ans aient une qualification de niveau secondaire II, considérée comme «le bagage minimum pour réussir l'entrée dans la vie active». Pour le canton de Vaud, ce taux est pour l'instant de 86%, soit l'un des moins élevés de Suisse selon les données 2017-2018 de l'Office fédéral de la statistique.

Mieux informer

Le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) mise sur trois axes d'action: améliorer l'attrait de la formation professionnelle, prévenir les échecs et ruptures en cours de formation, et créer de nouvelles places d'apprentissage. Depuis la rentrée 2019-2020, des référents pour une approche du monde professionnel ont été désignés dans tous les établissements de scolarité obligatoire. Leur rôle, mieux informer les élèves de voies générale et prégymnasiale. Autre mesure, développer le projet LIFT dans tous les établissements du secondaire 1. Pour rappel, LIFT est un programme intercantonal de stages permettant aux jeunes de se frotter au monde professionnel en travaillant un mercredi après-midi par semaine en entreprise durant trois mois (voir Le Régional 844). Le DFJC mise aussi sur l'amélioration du taux d'encadrement des apprentis et le développement de solutions d'appui et de coaching, afin d'augmenter le taux de réussite aux examens pour qu'au moins 95% des apprentis obtiennent le titre visé, contre 88% aujourd'hui.

Nouvelles places dans le social

Quant à la création de places d'apprentissage, le bilan à mi-législature fait état de 592 nouvelles places, sur 1'000 souhaitées d'ici à 2022. Pourquoi autant, alors que plus de 2'861 places sont aujourd'hui déjà disponibles sur la bourse à l'apprentissage? «Ces 2'861 font partie du cycle des presque 5'000 places proposées à chaque rentrée scolaire par les entreprises. Or, nous voulons proposer 1'000 possibilités de plus là où la demande est la plus forte, comme dans le domaine de la santé et du social», explique Michel Tatti, directeur général adjoint de l'enseignement postobligatoire. «Il s'agit aussi d'offrir plus de places aux jeunes ayant moins de facilité au niveau scolaire mais essentiellement des aptitudes pratiques, en proposant des places AFP – avec formation allégée en deux ans, qui permet d'obtenir une attestation fédérale de formation professionnelle. Encore très peu d'apprentis vaudois, moins de 5%, suivent cette voie».

Ces mesures commencent à produire leurs effets, se réjouit le DFJC, en particulier dans l'augmentation du taux de succès aux examens. Mais du chemin reste encore à parcourir pour atteindre l'objectif visé en termes de qualification des jeunes.

Date:13.02.2020
Parution: 983

Chiffre

5'000

places d'apprentissage proposées à chaque rentrée scolaire par les entreprises (Vaud)

Alyssa Simioni: «Le CFC est l'un des meilleurs papiers que l'on puisse avoir!»

«J'ai arrêté l'école à 16 ans, puis j'ai bossé dans différents domaines. Mais sans papier reconnu, difficile de trouver un emploi fixe. C'est ce qui m'a motivée à me lancer dans une formation professionnelle», raconte Alyssa Simioni, 20 ans. Elle est aujourd'hui en 1ère année d'apprentissage d'installatrice-électronicienne, l'un des plus exigeants, sous la supervision de Gilbert Richoz à Blonay. «J'étais censée faire un stage d'une semaine, finalement j'ai fait huit mois et ai signé mon contrat d'apprentissage. J'étais un peu perdue au départ, ne m'étant même jamais posé la question de ce qu'il y avait derrière une prise!» Alyssa est aujourd'hui ravie de son choix et a même été première de classe lors des cours pratiques inter-entreprises: «C'est vraiment un métier qui me passionne. J'aime le fait de pouvoir mettre en lien théorie et pratique. Et je me suis toujours dit que le CFC (Certificat fédéral de capacité) est l'un des meilleurs papiers que l'on puisse avoir. J'ai plein de potes qui ont fait l'Uni et ont eu leur diplôme, mais ne trouvent pas de travail faute d'expérience.»

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