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Les Estivales du Livre: une première page qui s'écrit

Profitant du déplacement du Salon du Livre de Genève à l'automne, Francis Antoine Niquille lance les Estivales du Livre sous le marché couvert. Les 27 et 28 juin, conférences spécialisées côtoieront ateliers ludiques, le tout gratuitement. Entre 10'000 et 15'000 visiteurs sont attendus, pour un budget de 150'000 frs. Un projet qui enthousiasme localement, mais qui fait aussi froncer des sourcils plus loin sur les rives du Léman.

Les Estivales du Livre: une première page qui s'écrit

Thibault Nieuwe Weme

Rousseau, Hugo, Lamartine, Byron, Hemingway... La Riviera vaudoise s'est faite terre d'accueil pour nombre de grands noms de la littérature internationale. C'est notamment pour faire honneur à ce patrimoine que Francis Antoine Niquille – médiateur culturel chevronné, à l'origine des Championnats du monde de Scrabble francophone en 2011 et 2017 – s'active depuis plus d'une année pour offrir à la région une scène littéraire digne de son histoire. Avec ce premier cru des Estivales du Livre, Montreux, capitale de la mélomanie, montrera les 27 et 28 juin qu'elle ne se cantonne pas qu'au 4e art.

Antichambre du Jazz

Des dates qui laissent présager une météo agréable, mais qui posent également la question sensible de la pléthore d'événements culturels sur la Riviera en été. Très sollicité, faut-il craindre que le public se disperse? Ou encore que les festivals plus installés fassent de l'ombre aux nouveaux arrivants? «Non, cela ne nous fait pas peur. Les clientèles sont très différentes. Nous prenons du bon côté notre voisinage avec le Jazz (3 au 18 juillet); nous allons leur servir d'antichambre, tâcher de mettre l'ambiance! Quant à se méfier d'un «effet FeVi» (réd: Fête des Vignerons qui se solde par une perte financière... Nos objectifs sont raisonnables, nous ne faisons pas dans le gigantisme. Nous avons confiance», assure l'organisateur. Entre 10'000 et 15'000 visiteurs sont attendus, pour un budget de 150'000 frs.

Marché saturé ?

La Suisse dispose d'une offre d'événements littéraires très large. Le seul bassin lémanique est désormais «couvert» sur toute sa longueur avec Genève, Morges, et désormais Montreux. Cela pose la question de la concurrence. Car si le monde des lettres jouit d'une aura pacifique, il reste un marché économique comme les autres. Positif, Francis Antoine Niquille estime ce foisonnement «bon pour le livre, tout simplement. Cela signifie qu'il se porte bien et, au final, cela reste notre combat à tous». Verdict poliment partagé par les organisateurs du Livre sur les quais à Morges. Contactés, ils restent bons joueurs et souhaitent «bonne chance» à leur nouveau voisin. Mais le sourire forcé est palpable.

Du côté montreusien comme du leur, les organisateurs se réconfortent en clamant la complémentarité. Là où Morges fait tout sur invitation, avec une forme d'élitisme en ligne de mire, Montreux se veut moins ésotérique et mise sur le volontariat. Vient qui veut. «Nous ne voulons pas d'un événement réservé à des initiés. Cela doit être populaire et convivial avant tout. Certes, il y aura du «pointu», mais nous voulons l'allier au ludique. Ce que nous voulons absolument éviter, c'est la ghettoïsation avec les auteurs et les éditeurs dans l'entre-soi. Le leitmotiv des Estivales, c'est véritablement la rencontre», insiste le médiateur montreusien. Une accessibilité qui va dans les deux sens; pour le public et pour les auteurs. Car pour les plus modestes de ces derniers, il sera plus simple de se faire voir que dans d'autres salons-festivals. Contrairement au mastodonte genevois où les espaces à louer sont de 18 mètres carrés au minimum, et donc n'attirent que les grosses locomotives au succès déjà fait, les Estivales proposent des places de moins de 2m, dont le prix balance entre 115 et 220 frs.

L'avenir reste à prévoir

Déjà renommée pour sa musique, Montreux peut-elle se profiler comme une future référence de la scène écrite? Avec déjà Vevey «ville de l'image», la perle de la Riviera pourrait bien renforcer son statut de carrefour de la culture en Suisse romande. Pour le moment, pas de promesses sur l'avenir des Estivales. «L'idée serait d'en faire une biennale, mais rien n'est encore fixé. Nous attendons de voir le répondant avant de planifier la suite», confie son directeur, qui malgré la prudence laisse entrevoir son enthousiasme.

Date:27.02.2020
Parution: 985

Dictée du syndic, Isabelle et ses livres à la plage et intelligence artificelle

Parce que le monde des lettres se décline presque à l'infini, tour d'horizon de quelques animations à retrouver autour du marché couvert les 27 et 28 juin.

• La «Dictée du syndic» avec Laurent Wehrli. Un concours d'orthographe en partenariat avec l'ARCI (Association romande des correcteurs d'imprimerie) qui fera suer les plumes même les plus habiles.

• Démonstration-spectacle du verbicruciste Jean Rossat. Des mots croisés taillés sur mesure et qui feront s'enchevêtrer les thèmes «helvétismes» et «vacances».

• «Sur les traces de Rousseau, Byron et Cie». Pour ceux qui veulent se dégourdir les jambes tout en s'instruisant, une promenade littéraire en ville de Montreux à la découverte des écrivains qui ont fait la réputation de la Riviera.

• «Isabelle à la plage». Tout le week-end, la journaliste et critique littéraire Isabelle Falconnier accueillera des duos d'auteurs pour échanger sur divers sujets de société. Déjà annoncés, Antoine Jaquier et André Zamofing s'assiéront à sa table pour donner leur vision de l'intelligence artificielle.

• «Le soliloque du polyglotte» avec Renato Delnon. À la gloire du pluralisme linguistique suisse, déclamation des fables de La Fontaine en français, allemand, italien et romanche.

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