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La fin de Tamoil approche

D'abord annoncé pour le début de l'année, le démantèlement des installations de la raffinerie devrait démarrer durant le deuxième semestre 2020 et durer environ cinq ans. L'entreprise espère encore revendre ses unités de production pour une reconstruction à l'étranger. La perspective de disposer d'une zone industrielle de 130 hectares réjouit la Commune.

La fin de Tamoil approche

Textes et photos: Valérie Passello

30'000 tonnes d'acier, soit le poids d'un troupeau de quelque 4'300 éléphants, pour 54 citernes, 1'000 unités de raffinage, 90 kilomètres de tuyauteries. «D'ici à environ cinq ans, promet le porte-parole de Tamoil SA Stéphane Trachsler, tous ces équipements auront disparu du site de la raffinerie de Collombey. Nous tiendrons nos engagements envers la commune.» Le délai fixé par le service cantonal de l'environnement pour l'assainissement des points pollués, soit environ 2% du terrain de 116 hectares selon les analyses, tombe lui en 2028. Stéphane Trachsler détaille le déroulement du démantèlement: «Les citernes ont été vidées et nettoyées. Nous commencerons à les démonter au deuxième semestre 2020 et le reste suivra dans la foulée.» Le reste, ce sont les unités de raffinage, maintenues sous azote et entretenues depuis 2015 (voir encadré), pour la bagatelle de 600'000 frs annuels, dans l'espoir d'un redémarrage. Tamoil SA n'ayant trouvé aucun repreneur correspondant à ses critères, la raffinerie ne repartira pas à Collombey-Muraz.

Mais le porte-parole du géant pétrolier précise: «Les unités peuvent encore servir, elles sont fonctionnelles. Nous sommes en contact avec des sociétés européennes qui pourraient venir les chercher sur place pour les remonter à l'étranger. Si nous ne parvenons pas à les vendre, nous les démonterons nous-mêmes.» Coût total de l'opération: 4 mios, soit beaucoup moins que la garantie de 10 mios exigée et obtenue par la commune

«Industrie légère 4.0»

Le président de Collombey-Muraz Yannick Buttet se montre rassurant: «Beaucoup ont crié au loup quant à l'avenir de ce site, mais la situation est maîtrisée, tout est sous contrôle.» Une fois le terrain libéré de la raffinerie, la Commune, qui vient d'acquérir 14 hectares juste à côté, disposera d'une zone industrielle de 130 hectares. «Il est très rare d'avoir autant de surface à proposer aujourd'hui, poursuit l'élu. Ce site n'est plus un poids, mais une formidable opportunité. En cas de fusion avec Monthey, le terrain sera l'une des forces de Collombey-Muraz. De plus, dans une optique de développement régional, nous souhaitons construire un pont qui permettrait de relier directement notre zone industrielle à celle d'Aigle. La force de frappe serait alors encore plus grande.» La Municipalité se dit intéressée à la racheter le cas échéant, mais la parcelle reste pour l'instant en mains de Tamoil SA. Stéphane Trachsler indique: «Nous avons tout intérêt à démanteler rapidement, afin de valoriser notre terrain. Une analyse stratégique est en cours, en collaboration avec le bureau d'aménagistes que la commune a mandaté pour son plan de zones. Il est prématuré de dire ce que l'on y fera exactement, mais nous irons sans doute vers une industrie plus légère, 4.0.» L'entreprise se déterminera en temps voulu sur la vente, la mise à disposition par droit de superficie ou la location de ses terres aux entreprises désireuses de s'y implanter.

Date:27.02.2020
Parution: 985

Une page d'histoire se tourne

Honnie pour la nature de son activité ou appréciée pour son rôle de pourvoyeur d'emplois dans le Chablais, la raffinerie Tamoil aura marqué l'histoire de la région. Rappel de quelques dates importantes.

1963: Inauguration des Raffineries du Rhône. La région est en plein essor industriel

1966: Reprise par les Raffineries du Sud-Ouest, gérées par Esso

1988: Le consortium d'entreprises propriétaire du site étant en difficulté financière, arrêt des installations, dans l'attente d'un repreneur. L'arrivée de Tamoil SA permet de relancer l'activité

2008: À la suite d'une fuite de 150'000 litres d'hydrocarbures dans le Rhône et la nappe phréatique aiglonne, l'Etat de Vaud dépose une plainte pénale contre Tamoil SA

2012-2013: Tamoil SA est sommé par l'Etat d'entreprendre des assainissements, sous peine d'interdire le redémarrage après des arrêts de maintenance

2015: Annonce de la cessation d'activité de la raffinerie. Quelque 240 emplois passent à la trappe. Mises en veille, les installations sont à vendre. Soit pour un redémarrage, soit pour une reconstruction à l'étranger. Tamoil SA dispose d'un délai de cinq ans pour trouver une solution concernant l'avenir du site. Les habitants craignent de voir une friche industrielle perdurer indéfiniment.

2016: La commune de Collombey-Muraz exige une garantie de 22 mios de la part de Tamoil SA pour le démantèlement de la raffinerie

2018: Les deux parties tombent d'accord sur une garantie de 10 mios

2020: Annonce du début du démantèlement dès le second semestre de l'année

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