Télécharger
l’édition n°985
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Villeneuve

«J'ai maîtrisé mes mains toute ma vie»

Dans son carnotzet de la Grand-Rue, Jacky Préti expose fièrement toutes les récompenses qu'il a reçues lors de sa longue carrière de tireur. À 81 ans, ce Villeneuvois pur jus a cessé la compétition, mais continue de presser sur la détente... de son appareil photo, pour immortaliser ce Bourg qu'il aime tant. Portrait.

«J'ai maîtrisé mes mains toute ma vie»

Texte et photo: Valérie Passello

Le carnotzet de Jacky Préti, c'est un peu une caverne d'Ali Baba. Son trésor? Une impressionnante collection de médailles, gobelets en étain, couronnes et autres diplômes, tous alignés contre les murs. Que ce soit en pratiquant le tir sportif au pistolet ou le tir au fusil à 300 mètres, le Villeneuvois a raflé toutes les récompenses possibles et imaginables. «Aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu faire tout ça. J'y ai passé un temps incroyable. Il faut bien réaliser que chaque médaille correspond à un tir différent. Grâce aux compétitions, j'ai voyagé dans toute la Suisse», témoigne-t-il.

C'est à seize ans qu'il fait ses premiers cartons avec les jeunes tireurs d'Arvel. «J'y ai rapidement obtenu des distinctions. Après, ça n'a jamais baissé, au contraire. J'ai eu de la chance, car tout ce que je faisais, je le réussissais», sourit ce pétillant octogénaire. Évoluant ensuite au sein des Carabiniers de Lausanne, de la Société vaudoise des matcheurs, puis membre de l'Arquebuse Genève, cette activité lui a aussi apporté de solides amitiés. «On était tous copains. Et ce n'étaient pas des pommes, mais la crème de la société», souligne Jacky Préti, qui garde encore contact avec certains coéquipiers lausannois.

Précision professionnelle

Ce passionné estime qu'il doit son excellence en tant que tireur à son activité de graphiste, peintre en lettres et peintre en bâtiment. «À l'époque, ce métier demandait une extrême précision. Il fallait dessiner les lettres, les percer, puis les apposer et les peindre au pinceau, sans trembler. J'ai maîtrisé mes mains toute ma vie. D'ailleurs, si un jour ma main tremble, je file voir mon médecin!»

Parmi toutes ses distinctions, difficile de choisir la plus belle. Le retraité désigne deux gobelets, obtenus au tir du Grütli: «Normalement, un tireur ne peut en avoir qu'un dans sa vie. Moi j'en ai eu un au fusil et un au pistolet, mais pas la même année.» Puis Jacky Préti se lève et va chercher un petit boîtier bleu. Dedans, une médaille rarissime: «C'est une Grande Maîtrise de la Fédération suisse des Carabiniers, explique-t-il. Pour l'avoir, il faut tirer dix ans et obtenir de bons résultats pendant tout ce temps.» S'il a mis un terme à son parcours en compétition, il s'entraîne toujours au sein de la Société de tir de Villeneuve: «Maintenant, je tire au pistolet à 25 mètres. Au premier tir de l'année dernière, j'ai fait mouche», lâche-t-il, l'œil brillant.

La nature dans le viseur

En vraie Grenouille, sobriquet des habitants de Villeneuve, Jacky Préti aime autant la nature que son Bourg natal. S'il a usé les banquettes de tir, l'ancien entrepreneur s'est aussi beaucoup impliqué pour sa commune: «J'ai siégé pendant dix législatures au Conseil communal avec les Radicaux, dont je fais toujours partie d'ailleurs, relate-t-il. La première fois que j'ai voté, c'était pour dire oui au suffrage des femmes.» Son village, il l'a vu évoluer: «Quand je suis né, il y avait 1'800 habitants. Le tram passait encore dans la Grand-Rue devant ma maison. Il y avait beaucoup d'animation au cœur du Bourg. Puis les grandes surfaces sont arrivées en périphérie et ça s'est gâté», déplore-t-il.

Mais Jacky Préti reste amoureux de son coin de pays. Il ne se lasse pas de l'immortaliser. Photographiant principalement les oiseaux, mais aussi les couchers de soleil sur le lac, les bateaux et les paysages, en toutes saisons. «Je ne suis pas contre les chasseurs, mais j'aurais été totalement incapable de tirer sur un animal», confie encore le champion de la gâchette, qui vise désormais ses sujets à travers la lorgnette de son appareil photo, toujours avec la même précision.

Date:27.02.2020
Parution: 985

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio