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Vevey

Quand l'école tétanise

Maux de ventre, nausées, pleurs, panique... Quand un enfant ou un ado ne parvient plus à franchir le seuil de l'école, on parle de phobie scolaire. Comment reconnaître et faire face à ce trouble en tant que parents? Le 4 juin, une conférence-échange tout public fera le point à la Fondation de Nant.

Quand l'école tétanise

Priska Hess

«Depuis la rentrée scolaire, ma fille de 15 ans a peur de se sentir mal en classe, de vomir. Je précise qu'elle n'a aucun problème de scolarité (...). Les cours ont commencé depuis quatre semaines et elle n'a pu se rendre à l'école que six jours. Elle est suivie par un psychologue et un médecin qui lui a prescrit un médicament pour diminuer un peu ses angoisses. Je vous avoue que je suis un peu perdue, j'essaie de la motiver par tous les moyens, avec douceur, avec fermeté, mais c'est très dur et il y a des jours où je me sens impuissante et démoralisée». Posté sur le site vaudfamille.ch, le message est signé par «une maman inquiète pour sa fille». Comme elle, entre 0,3 et 1,7% des enfants et adolescents seraient concernés par la phobie scolaire, mais elle peut toucher des gymnasiens, voire au-delà. «C'est un terme générique, qui comprend aussi le refus scolaire anxieux, dont la forme la plus extrême peut même nécessiter une hospitalisation», résume Gilles Dennler psychologue à la Fondation de Nant. Le 4 juin prochain, en ouverture d'un cycle de conférences tout public sur la santé mentale, il abordera cette thématique aux côtés de Valérie Boden, directrice des écoles du cercle de Corsier.

Derrière le refus, la souffrance

«Chaque cas est particulier, mais cela peut dégénérer en absentéisme de longue durée, mettant en péril l'année scolaire de l'enfant et donnant surtout à voir une énorme souffrance», poursuit le psychologue. Cette souffrance est précisément ce qui différencie la phobie scolaire de phobies comme celle des araignées. Peut-elle résulter de causes externes, comme du harcèlement de camarades? Selon Gilles Dennler, «cela peut arriver mais n'explique jamais totalement le refus scolaire prolongé. Les causes profondes sont souvent en lien avec le processus d'autonomisation, en particulier chez les adolescents. Ce processus peut être entravé quand un parent est lui-même en souffrance ou suite au décès d'une personne proche. Mais les causes sont souvent multiples et complexes.» Une analyse que partage Valérie Boden, qui conseille aux parents «en premier lieu d'en parler au maître de classe, au doyen, à l'infirmière scolaire ou au médiateur» et de ne pas négliger les signes d'alerte. «Il ne faut pas non plus forcer l'enfant, car plus on le pousse, plus il se braquera», ajoute Gilles Dennler.

Le 4 juin à 18h30 Centre de psychiatrie communautaire de la Fondation de Nant, Rue des Communaux 7 à Vevey

Date:12.03.2020
Parution: 987

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