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Fonctionnaires ou migrants, tous humains

La compagnie Das Ventil présente «Formular: CH» le 17 mars à 17h à la salle de l'Aiglon, sur l'invitation du Bureau cantonal pour l'intégration des étrangers et la prévention du racisme. Drôle et critique, la pièce aborde la question de l'asile et du système social suisse.

Fonctionnaires ou migrants, tous humains

Aigle

Texte et photo: Valérie Passello

«Nous n'avons pas de valeur en Suisse. Les animaux domestiques ont plus de droits que les demandeurs d'asile», considère une voix. C'est celle de l'une des sept migrants interrogés dans le cadre de la pièce «Formular: CH». Pour Kathrin Iten, ancienne assistante sociale et comédienne, leur donner la parole était crucial: «Au moment de créer ce spectacle, j'ai beaucoup étudié et réfléchi sur la manière de dire les choses. En quelques phrases simples, objectives et efficaces, les réfugiés eux-mêmes disent tout. Je leur ai simplement demandé comment c'est, pour eux, d'être en Suisse.»

Jouée depuis 2015, la pièce raconte le quotidien de deux fonctionnaires qui doivent composer avec le système social et d'asile helvétique. Basée aussi sur l'expérience personnelle de l'auteure, la critique est féroce. «L'esprit, c'est de dire que si l'on ne peut pas entendre les humains derrière les dossiers, la solidarité d'une société meurt, poursuit Kathrin Iten. Honnêtement, j'ai abandonné cet emploi à cause des structures. Mais je pense que je remplis ma mission d'une autre manière.»

La distance par l'humour

Si le thème est lourd et les propos plutôt graves, Das Ventil prend le parti d'en rire. Kathrin Iten se souvient: «En tant qu'assistante sociale, j'ai toujours essayé de rire avec les gens. Je suis critique, mais pas négative. On peut chercher des solutions pour changer ce qui ne va pas.» Sur scène, elle énumère par exemple les différents permis auxquels les migrants peuvent prétendre en Suisse. Une description très drôle, qui met pourtant en exergue les difficultés, voire les impasses, auxquelles ces personnes sont confrontées.

Au sortir du spectacle, les réactions sont variées. Les habitués du système se reconnaissent dans les personnages. Les membres du public n'ayant pas d'expérience dans le domaine s'étonnent et sont parfois choqués de la réalité décrite.

«L'un de mes messages aux fonctionnaires est de ne pas oublier qu'ils travaillent avec des êtres humains. Personne n'en est à l'abri dans une structure où les lois sont injustes. Si l'on traite les gens avec le respect que l'on doit à tout être humain, alors on n'a plus besoin de parler du racisme», ajoute la comédienne. Elle espère qu'après avoir vu la pièce, les spectateurs réagiront différemment dans leur vie de tous les jours, au contact de personnes ou de situations décrites dans le spectacle.

Date:12.03.2020
Parution: 987

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