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Covid-19: la capitale olympique au chômage technique

Manifestations reportées, infrastructures fermées et championnats avortés: les athlètes comptent parmi les professionnels les plus immobilisés par la pandémie du Covid-19. Alors que le secteur des sports de la capitale vaudoise demeure dans le flou et l'expectative, les clubs locaux font face à l'incertitude, mais sans défaitisme. Après l'annonce de l'état de nécessité, zoom sur les répercussions du virus dans le monde du sport lausannois.

Covid-19: la capitale olympique au chômage technique

Daniella Gorbunova

«Nous avons suivi les instructions de la Confédération et avons fermé toutes les infrastructures. Je suis incapable de dire quand les choses rentreront dans l'ordre», lâche nerveusement Nicolas Imhof, chef du service des sports de la ville de Lausanne. Si le secteur avance les yeux bandés face au Coronavirus, son responsable tente de relativiser: «La situation a un gros impact sur le personnel et évidemment sur les activités. Je ne suis pas en mesure de chiffrer quoi que ce soit, mais un service comme celui des sports, qui n'est pas celui des pompiers ou de la police, peut être fermé sans conséquences directes. Il y aura cependant des impacts économiques sur les organisateurs et les clubs.» Reportés dans un premier temps, certains événements sportifs se voient successivement annulés. Une situation qui pourrait avoir des impacts à moyen et long terme sur les équipes locales, dont les championnats ont été interrompus parfois à seulement quelques matchs des finales.

Voguer dans l'incertitude

Avec son président atteint du virus, la Swiss Football League suspend ses championnats au moins jusqu'au 30 avril prochain. Vincent Steinmann, directeur commercial et marketing du FC Lausanne-Sport, préconise un optimisme mesuré: «En Europe, à l'heure actuelle, il y a une volonté de maintenir les championnats en les terminant dès que cela sera possible. Mais pour l'instant, tous les scénarios sont envisageables.» Ayant entamé une belle saison, les joueurs lausannois auraient gros à perdre: «Nous sommes premiers dans le classement actuel et par conséquent l'un des clubs qui pourrait être le plus impacté sportivement», déplore l'expert commercial. Aussi, il confie ses craintes quant à une situation économique confuse, la plus grande partie des revenus d'un club de cette ampleur provenant du sponsoring, de la billetterie et des droits TV: «Évidemment, aujourd'hui, les billetteries ne fonctionnent pas. Pour les droits TV et la valeur marchande des joueurs, cela dépend, mais l'impact est là. Concrètement, à 360 degrés, c'est tout l'écosystème du football qui est mis en difficulté. Il n'y a pas un seul élément auquel se raccrocher.»

Entrainements à domicile

Sans être alarmiste, le club lausannois est touché par les incertitudes patentes, au même titre que la plupart des professionnels: «Guy Parmelin a ouvert la porte à des dédommagements pour les joueurs et au chômage partiel, mais aujourd'hui tout cela n'est pas garanti, nous sommes dans l'inconnu, souligne Vincent Steinmann. Dans tous les cas, le sport ne sera pas la première priorité de l'état.» Même combat pour le Pully-Lausanne Basketball Club, qui espère la poursuite des compétitions après la quarantaine: «Pour notre cas, les championnats sont reportés mais pas définitivement annulés. Ça pourrait donc repartir, et nous ferons au mieux. Mais pour l'instant, c'est le silence radio de la part des instances supérieures. Nous ne savons pas où nous allons», confie l'entraineur Michel Voide, redoutant avant tout les problèmes organisationnels. Pendant ce temps, les sportifs n'échappent pas au télétravail généralisé: «Le seul moyen de continuer à pratiquer est de mettre en place des entraînements individuels. Chaque coach essaie de constituer un programme de maintien de la condition physique à domicile pour ses joueurs», affirme le basketteur en chef.

Annulation définitive

Le Coronavirus aura en revanche eu raison des championnats LNA de volleyball. Pierre-Olivier Brunner, responsable médias pour le LUC, explique: «Nous avons suspendu tous les entrainements jusqu'au 1er mai. Et en ce qui concerne l'équipe LNA, c'est terminé. Nos joueurs étrangers veulent rentrer chez eux et partiront prochainement, Swiss Volley ayant annoncé l'annulation complète des championnats. Ce n'est cependant pas impossible qu'un titre soit tout de même attribué.» Jouant aux play-off, l'équipe locale était pourtant parvenue à une place confortable en vue des finales. Le LUC reste néanmoins confiant côté finances: «Nous allons perdre quelques recettes de play-off, mais ces dernières ne constituent pas notre principale source de revenus. En ce qui concerne les joueurs, le comité a décidé qu'ils seraient payés à cent pour cent pour les mois de mars et d'avril, en accord avec leur contrat», assure le porte-parole.

Date:19.03.2020
Parution: 988

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