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Troistorrents

Les soins à domicile avancent masqués

En cette période tourmentée, les infirmières et les aides familiales du Centre médico-social continuent à remplir leur mission, non sans prendre toutes les précautions nécessaires. Reportage.

Les soins à domicile avancent masqués

Textes et photo: Valérie Passello

«Il faut bien se laver les mains avant d'entrer chez les gens, ainsi qu'en ressortant. Mieux vaut trop que pas assez. Et le masque est obligatoire, bien sûr», se recommande Dominique Lebreton. Il est le responsable de l'équipe du centre médico-social (CMS) de la Vallée, une antenne du CMS du Bas-Valais (voir complément web), active sur les communes de Troistorrents, Val-d'Illiez et Champéry. En cette période de pandémie, les consignes sont claires. «Nos patients sont d'ailleurs déjà habitués à voir les infirmières porter un masque», précise-t-il.

Flacon de solution alcoolique virucide dans une main, stock de masques dans l'autre, la tournée des soins va commencer, en ce 18 mars. Une journée presque comme les autres. Avec un stress supplémentaire, confie Dominique Lebreton: «Nous avons du personnel qui a été bloqué à la frontière. Heureusement, la solidarité a joué, on nous a prêté un appartement à Champéry pour héberger trois frontaliers.»

L'infirmière Magalie Baillifard, elle, réside dans la vallée où elle officie. Elle revient tout juste de vacances. «Honnêtement, je suis contente de travailler», affirme-t-elle, après avoir pris connaissance des dossiers du jour. Son matériel est prêt, elle vérifie qu'il ne manque rien. Et ajoute: «Dans cette ambiance un peu bizarre, rester à ne rien faire, ce n'est pas pour moi!» Tant mieux, il y a du pain sur la planche. Dix patients attendent des soins à domicile ce matin. Il est 7h48. C'est parti, en tout cas jusqu'à midi.

Le lien malgré la montre

Sur la route de Morgins, l'infirmière, qui compte 27 ans de métier, décrit: «Le nombre des prestations à domicile a beaucoup évolué. Leur qualité et leur technicité aussi. C'est très intéressant, mais c'est aussi une charge de travail plus importante. On a moins de temps pour nos patients.» Pourtant, le lien est bel et bien visible entre Magalie Baillifard et les personnes qu'elle soigne. Chez Suzanne, 97 ans, on parle tricot, on rigole en passant. Même si la visite n'est pas longue. En quelques minutes, l'infirmière contrôle que tout va bien, fait une injection, consulte le classeur personnel de la patiente. Elle note tout avec un «stylo magique», qu'il suffira de décharger au bureau pour retrouver ses écrits sur écran. «Magalie est très bien, commente Suzanne, on peut lui demander tout ce qu'on veut. Mais heureusement, ici, je ne risque pas d'attraper le Corona!» Se désinfectant les mains une énième fois, l'employée du CMS rappelle les précautions à prendre et s'assure que sa patiente a de quoi s'approvisionner. On se quitte en se tapant le coude au lieu de la traditionnelle poignée de main: «À demain!»

Patients bien informés

Les visites s'enchaînent, les avis des hôtes sur leurs soignantes sont unanimes: «Impeccables!», «Rien à dire!». Dans cette maison, Magalie Baillifard apporte des soins à monsieur et madame. «Nous donnons des nouvelles à la famille régulièrement, c'est aussi important d'établir un lien de confiance avec les proches.» Les enfants confirment d'ailleurs au téléphone qu'ils ne sont pas loin. Confinés pour protéger leurs aînés, mais ayant tout prévu pour qu'ils ne manquent de rien.

Passage encore chez Thérèse, qui attend la visite du CMS avec impatience. Tout est prêt, posé sur la table. Le message sur le Coronavirus est compris et intégré: «Je me sentais fatiguée hier, mais ma tension était bonne et je n'avais pas de fièvre. J'ai contrôlé moi-même», précise l'habitante de Troistorrents. Préférant rester tranquille à l'intérieur, elle sait que le boucher et le boulanger peuvent lui déposer des vivres devant la porte. Magalie Baillifard salue le comportement de Thérèse et l'invite à appeler le CMS en cas de besoin urgent. Avant de remonter dans sa voiture, elle ajoute: «Être infirmière à domicile, ce n'est pas boire le café tranquillement avec les gens. Seule, il faut évaluer chaque cas et alerter le cas échéant. C'est une énorme responsabilité. Mais grâce à une bonne équipe, ainsi qu'aux aides familiales, nous arrivons à assurer notre mission.»

Date:26.03.2020
Parution: 989

250 collaborateurs, un CMS

Le 10 mars est né le CMS Bas-Valais, regroupant les CMS de Saint-Maurice, Vouvry et Monthey. L'entité a été repensée en une seule structure organisationnelle et juridique, permettant de proposer une prise en charge répondant aux besoins de la population et harmonisée. La gouvernance est désormais centralisée et les secteurs métiers de la santé et du social sont coordonnés de manière transversale. Pour Dominique Lebreton, ce regroupement amènera davantage d'efficience: «Il permet une harmonisation des pratiques et une mise en commun des ressources. Si nécessaire, nous pourrons faire appel à des infirmières spécialisées, dans des domaines comme la psychiatrie ou la diabétologie, par exemple», explique-t-il. Son équipe aura bientôt droit à des tablettes tactiles, qui amélioreront encore la gestion des plannings de prestations.

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