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CULLY

L'accueil d'urgence des enfants tient le coup en Lavaux

La fondation Piccolino a dû mettre en place une structure d'urgence en quelques jours vu les mesures sanitaires imposées par le Conseil d'Etat. Après un départ stressant, éducateurs et enseignants peuvent souffler avec une capacité d'accueil suffisante en garderie et en foyer. En temps de crise, la directrice se réjouit de la bonne collaboration entre services et espère qu'elle perdurera au-delà du COVID-19, mais s'inquiète du financement en cas de prolongation de la pandémie.

L'accueil d'urgence des enfants tient le coup en Lavaux

Xavier Crépon

«Les directives étaient claires. Afin de ne pas exposer enfants et éducateurs, nous devions assurer qu'il n'y ait pas plus de dix personnes dans la même salle. Nous avons donc restreint le nombre de places à disposition. Au maximum quinze pour la garderie et dix-huit pour le parascolaire.» Après les mesures édictées le 16 mars par le Conseil d'Etat, la fondation Piccolino a organisé en quelques jours la structure pour l'accueil d'urgence des enfants et des élèves, en collaboration avec le réseau Arajel (Association du réseau d'accueil de jour des enfants du Lavaux: Bourg-en-Lavaux, Chexbres, Puidoux, Rivaz et Saint-Saphorin). Le choix a été de regrouper les enfants de trois mois à quatre ans à la garderie de Cully, et les écoliers jusqu'à 12 ans au foyer des Ruvines.

Départ sur les chapeaux de roues

«La première semaine était stressante avec de nombreux téléphones de parents qui demandaient des renseignements. Nous étions aussi un peu sous l'eau car nous devions nous organiser rapidement afin de regrouper les enfants du réseau, tout en respectant les mesures imposées par le Canton, et en ne surchargeant pas les éducateurs et enseignants, concède la directrice Andréa Széchenyi. Heureusement, nous pouvons compter sur la collaboration du directeur des écoles, ainsi que sur l'aide de la fondation des familles du Cercle de Saint-Saphorin.» Éducateurs supplémentaires et enseignants ont ainsi rejoint l'équipe. «Nous avons bien assez de forces pour le nombre d'enfants à gérer, environ cinq à six en garderie et une dizaine en parascolaire. Nous pouvons donc instaurer un tournus et laisser les personnes à risque chez elles pour du télétravail en réalisation de procédures ou concepts pédagogiques.»

Quid des mesures sanitaires ?

Bien au-dessous des 66 places usuelles en garderie et des 130 en parascolaire, la situation est gérable pour respecter les mesures sanitaires imposées. «Nous avons du gel en suffisance, par contre les masques que nous avons commandés ne sont pas encore arrivés, explique la directrice. Pour ce qui est de la distanciation sociale, les écoliers sont répartis entre le foyer et la salle de gym. Nous essayons de rythmer leurs journées en proposant des bricolages, des jeux et des moments pour faire les devoirs.» Impossible toutefois de conserver en permanence la distance entre éducateurs et petits à la garderie. «Changer un bébé sans le toucher s'avère compliqué. Mais les précautions d'hygiène sont prises avec un nettoyage des mains régulier et une désinfection des locaux accrue, avec un doublement des heures de ménage. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que ceux qui travaillent ici se sentent à l'aise.»

Un peu de répit

«Après des premiers jours intenses, le cap de la surcharge est passé, assure Andréa Széchenyi. Nous avons dû être disponibles très rapidement, mais tout le monde a très bien réagi dans cette situation de crise. Désormais, une certaine routine s'installe et nous pouvons souffler.» La directrice voit d'un bon œil cette collaboration dans l'urgence. «Nous avons appris à travailler ensemble dans le stress et à nous connaître un peu plus, entre éducateurs, enseignants et direction des écoles. Ces liens créés ne pourront être que bénéfiques pour l'avenir.»

Un futur qui reste encore incertain au niveau des finances en cas de prolongation de la pandémie. «La fondation cantonale pour l'accueil de jour des enfants nous versera deux acomptes au mois d'avril, mais si cette situation devait perdurer au-delà, cela va probablement devenir compliqué pour beaucoup de réseaux d'accueil, s'inquiète Andréa Széchenyi. Piccolino peut normalement compter sur un soutien public, mais comme nous restons une fondation privée, nous ne savons pas exactement si nous pourrons bénéficier d'une aide dans ces circonstances exceptionnelles.»

Plus d'infos sur www.accueil-lavaux.ch

Les prestations facturées pour la période du 16 au 31.03.20 seront remboursées.

Date:09.04.2020
Parution: 990

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