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Corseaux

Manger la nature, remède à la crise

Herbes, baies, fleurs, racines, champignons... La nature toute proche regorge de plantes sauvages comestibles aux multiples vertus. Une «mine d'or végétale» souvent méconnue qu'Adrien Mesot, artiste cueilleur, invite à découvrir, à apprêter, à savourer. Même sans sortir de notre jardin. Mais attention, tout cela requiert un savoir et quelques précautions. Rencontre.

Manger la nature, remède à la crise

Entretien: Priska Hess

Alors que le temps social semble suspendu entre l'avant et l'après Coronavirus, la nature, elle, poursuit son cycle. Renaissante, foisonnante en ce début de printemps. La saison de l'ortie, de l'ail des ours, de l'oseille, de l'égopode. Avec ces plantes sauvages, comme avec bien d'autres, Adrien Mesot concocte pestos, tartes, salades, conserves lacto-fermentées, boules d'énergie ou encore faux-mages. Qu'il vend, en temps normal, au Marché de Vevey, aux côtés du boulanger Baptiste Dujardin – spécialiste des pains au levain à base de céréales anciennes. En temps normal aussi, il propose des initiations à la cueillette et des cours de cuisine, pour transmettre ces gestes et savoirs, autrefois gages de survie. «Ils peuvent sembler décalés, dénués de sens devant l'agriculture traditionnelle et les supermarchés, mais ouvrent d'autres voies possibles que celle de la domination sur la nature», explique celui qui se désigne comme artiste-cueilleur. «L'art de la cueillette, l'art culinaire, la créativité artistique, tout est lié dans mon activité».

Comment vivez-vous cette période de pandémie?

Je ne l'ai pas vue venir... Je pense qu'elle peut agir comme un révélateur, nous faisant nous rendre compte de ce qui est essentiel pour nous. Le marché n'a plus lieu et les cours sont reportés, mais je livre encore à domicile sur commande. J'en profite aussi pour m'occuper du jardin qu'on me prête à Corseaux et continue la cueillette, par exemple au Mont-Pélerin.

Votre lien avec la nature, c'est un plus?

Il est clair que cela m'aide, m'apporte du calme face aux nouvelles et à l'ambiance stressante actuelles. La cueillette, c'est aussi une autre temporalité, plus lente. On y est presque en méditation, pleinement dans le moment présent.

D'où vous vient cette passion pour la cueillette?

J'ai toujours eu une certaine connexion à la nature, j'ai toujours aimé m'y balader. Enfant, j'allais déjà avec mon père cueillir des champignons. Mais ma passion est venue plus tard, alors que j'étudiais à l'école d'arts de Genève. J'avais accompagné mon amie à une séance-découverte sur les plantes sauvages. Ce fut l'émerveillement. J'ai suivi ensuite différents cours pour apprendre à reconnaître et à utiliser ces plantes, tout en me formant en autodidacte.

Quelle plante sauvage mériterait une place particulière dans notre jardin?

Tout simplement l'ortie. C'est l'une des plantes les plus riches en protéines complètes – elle en contient autant que le soja. Elle est aussi riche en vitamines et permet de renforcer le système immunitaire.

Et pour se sentir mieux, s'apaiser en cette période ?

Je conseillerais la verveine, la camomille ou la mélisse, en tisanes. Et prendre le temps de se poser, de laisser se déployer la respiration, en respirant par le ventre.

www.artiste-cueilleur.com Un ouvrage pour débuter: le Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques (Guide Delachaux)

Date:09.04.2020
Parution: 990

Pesto d’ortie, la recette d’Adrien

«Cueillez l’ortie dans un endroit non pollué (car c’est une plante dépolluante pouvant accumuler les métaux lourds) et pas aux abords de chemins ou autres lieux où chiens ou renards font leur crottes, en raison du risque d’échinococcose si l’on mange la plante crue», recommande Adrien Mesot. «Prenez juste les jeunes têtes avant que la plante ne monte en graines, avec des gants si possible. L’ortie ne se garde pas longtemps, mais on peut la conserver en la faisant sécher à l’ombre et au sec bien étalée, ou au réfrigérateur (telle quelle ou mixée avec de l’eau et formée petits en cubes dans des bacs à glaçons) ou par lacto-fermentation (détails sur www.leregional.ch).

Pour un pesto à l’ortie, il faut :

4 c.s. d’huile de colza (ou autre)

2 poignées de feuilles d’orties fraiches

1 c.s. de graines de tournesol décortiquées

1 une gousse d’ail

1 jus de citron

1 une pincée de sel

Laver les orties et les essorer. Bien mixer tous les ingrédients sauf les graines de tournesol. Si besoin ajouter de l’ortie pour épaissir, ou inversement de l’huile. Intégrer les graines de tournesol et remixer.

 

 

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