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Rénovation de la gare: la politique du fait accompli

Terminés mi-2019, les travaux de réfection de la gare de St-Légier – entrepris par les Transports Montreux-Vevey-Riviera (MVR) – se chiffrent à près de 16,7 millions. 320'000 frs devraient être pris en charge par la Commune. Problème: comme le préavis nécessaire au règlement de cette facture n'a pas été déposé dans les temps, le Conseil communal attend toujours d'être consulté. Une formalité pour l'Exécutif, un déni démocratique pour certains conseillers communaux.

Rénovation de la gare: la politique du fait accompli

Textes: Thibault Nieuwe Weme

Cela fait six mois que les marteaux-piqueurs se sont tus, que les bétonnières ont fait place nette. Les trains passent, les voyageurs vont et viennent sur les nouveaux quais de la gare MVR (Transports Montreux-Vevey-Riviera) de St-Légier. Mais l'ardoise attend toujours d'être réglée. Et pour cause: pour débloquer les comptes, le préavis d'acceptation à cette participation financière doit d'abord passer devant le Conseil communal. Epidémie de Coronavirus oblige, ce dernier n'a pas pu se tenir comme prévu le 16 mars. Sans aucune sûreté, la séance a été reportée à une date encore inconnue. Une période de suspens qui retarde encore la finalisation du dossier, mais qui permet aux élus locaux d'aiguiser leurs arguments.

La messe est dite

Municipal de l'aménagement du territoire et des transports publics, Dominique Epp est en charge de ce préavis. Pour l'Exécutif, l'issue est déjà écrite: «Nous sommes face à un fait accompli. Avec ou sans l'approbation du Conseil communal, il n'y a pas d'autre choix que de participer. L'aide des Communes à ce genre de travaux est inscrite dans la loi. Evidemment que nous regrettons de ne pas avoir déposé le préavis à temps, mais finalement ce n'est qu'une question formelle. L'objet lui-même avait déjà été communiqué au Conseil communal, il n'y a aucune surprise.» Une situation résumée différemment par le conseiller PS Thomas Giger: «On nous demande en gros de voter sur des dépenses obligatoires, voire peut-être même déjà sorties des caisses. Cela manque toujours d'élégance lorsqu'on pose des questions “pour la forme” dans l'après-coup.» De leur côté, les MVR ne se disent pas inquiets - preuve indirecte que le verdict du débat communal n'affectera pas le paiement. Leur porte-parole Jérôme Gachet certifie que «même si le dossier a trainé, et qu'évidemment ce qui est dû est dû, notre entente avec la Commune reste bonne.»

Confinés mais pas bridés

Le sujet divise. D'un côté comme de l'autre, les parties prenantes du débat n'ont pas la langue dans leur poche. Pour le conseiller communal Roland Rapin, représentant des Verts et Ouverts, la discussion ne doit pas tourner uniquement autour de ce retard: « Même si cela risque bien d'alourdir l'ambiance, ce n'est pas tant la question. Il faut surtout mieux définir la répartition des coûts, réfléchir à qui profitent les travaux et dans quelles proportions (réd: à la commune ou aux MVR). Car pour le moment, les critères restent peu détaillés.» Cette volonté de renégocier se fait-elle dans le but d'alléger la facture? « Idéalement oui, mais on a peu d'espoir. Au final, tout cela reste une question de principe. Nous voulons et devons discuter» Aux yeux d'Isabelle Jolivat, conseillère communale PLR, une telle démarche de renégociation serait déplacée: « Les prix sont dans les cordes. Même si le préavis est arrivé en retard – c'est regrettable mais ça peut arriver – il est exaspérant que certains puissent trouver de quoi polémiquer, surtout en cette période d'épidémie. Le conseil avait déjà été mis au courant de cette dépense. Maintenant il faut prendre acte et tourner la page.»

Verve démocratique à retrouver

Pour le PS, l'enjeu est avant tout démocratique: « Le Conseil communal est un organe important, il faut qu'il soit correctement consulté. Quand tout est établi à l'avance, on discute dans le vide. C'est très frustrant. », déplore Thomas Giger. Un faux débat révélateur d'un problème plus important? «Sans aucun doute. Au niveau communal, nous sommes trop souvent spectateurs d'une politique prédéterminée et orientée par les experts. Il faut raviver l'esprit de contradiction, montrer aux décideurs qu'ils ne peuvent pas agir comme bon leur semble, du moins pas avec un consentement aveugle.» Dès qu'ils sortiront de leur confinement, les membres du Conseil communal décideront ensemble de l'acceptation ou non du préavis. Même si un refus n'aurait pas d'effet réel, reste à voir comment la Municipalité gérera cette éventuelle crise de confiance.

Date:30.04.2020
Parution: 991

La rénovation de la ligne se poursuit à Vevey

Après la gare MVR de St-Légier, c'est celle de Vevey qui fera peau neuve. Responsable communication du MOB/MVR, Jérôme Gachet explique que «pour l'essentiel, il s'agit d'adapter cette gare à une forte augmentation de la fréquentation et de répondre aux normes de la Loi sur l'égalité pour les handicapés (LHand).» C'est dans cet esprit de croissance que la fréquence au quart d'heure avait été introduite sur la ligne Vevey-Blonay en juillet 2019. Les travaux s'étendront sur deux ans, de l'été 2021 à l'été 2023. Leur coût, estimé à 29,5 millions de francs, sera assumé par la Confédération et l'Etat de Vaud. Comme pour St-Légier, une participation de la commune de Vevey est attendue.

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