Infrastructure Le député et municipal veveysan Jérôme Christen veut éviter de «faire un hôpital pour les automobilistes». Il préconise un délai supplémentaire de réflexion pour revoir l’emplacement du futur établissement.
Après Berne, les questions viennent de Vevey. Le député centriste Jérôme Christen, également municipal veveysan, a déposé la semaine dernière un postulat devant le Grand Conseil demandant au gouvernement vaudois s’il serait judicieux de réfléchir encore un peu à l’implantation du futur hôpital intercantonal Riviera Chablais à Rennaz. Motif de ce texte intitulé «Evitons de faire un hôpital pour les automobilistes»: les réserves émises récemment par l’Office fédéral du développement territorial, qui juge le projet mal desservi par les transports publics et qui dès lors menace de réduire ses subventions au développement des transports dans le projet d’agglomération Riviera Chablais (Le Régional no 480). Pour Jérôme Christen, il s’agit maintenant de prendre le temps de la réflexion.
Le Régional: Le Grand Conseil approuvera-t-il cette demande de réflexion?
Jérôme Christen: C’est difficile à dire. Mais j’attends en tout cas une réponse claire du Conseil d’Etat: envisage-t-il de revoir l’implantation de l’hôpital? Dans quelle mesure est-il prêt à passer à la caisse si la Confédération réduit ses subventions pour les transports publics régionaux? Nous devons être sûrs qu’on ne rate pas le train!
LR: Que coûterait un déplacement du site de l’hôpital à l’Etat de Vaud?
J. C.: A part quelques mois d’études, de négociations, de procédures, ça ne devrait rien coûter de plus, car les terrains sont identiques. L’un d’entre eux, semble-t-il, est pollué sur la commune de Villeneuve. Mais il faut partir du principe qu’il serait dépollué. Par contre, pour le développement des transports publics, la manne fédérale n’est pas illimitée... Si nous n’arrivons pas à combler cette lacune en matière de transports publics, ça peut être un frein pour tout le projet. Je suis convaincu que lors de la mise à l’enquête du plan partiel d’affectation, il y aura des oppositions d’associations écologistes.
LR: Les députés ne sont-ils pas responsables de cette situation?
J. C.: Il ne s’agit pas de trouver des responsabilités aujourd’hui, mais de nous rendre compte que nous avons été moins attentifs. Avec le temps qui passe, nous sommes davantage sensibles au développement durable. Il n’est pas trop tard pour trouver une solution. Si on se rend compte que cela pose trop de problèmes, il faudra se rendre à l’évidence...
Entretien: Mathieu Signorell

