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Petit à petit, l'image imprimée se dévoile

Blonay Terry Fernandez, graphiste de formation, est un des derniers gardiens de l’impression en taille-douce dans la région. Rencontre.

Petit à petit, l'image imprimée se dévoile

C’est au sous-sol d’un petit immeuble à Blonay que Terry Fernandez a installé son petit atelier de taille-douce. Au milieu de la pièce trône une ancienne presse, bien huilée, d’où sortent de multiples estampes. Chacune d’entre elles est unique, car ici tout se fait manuellement, de la gravure du dessin à l’impression finale, en passant par l’encrage. Le procédé date de 600 ans. Si la technique n’a pas évolué, le résultat est toujours aussi magique.

Histoire de rencontres
Au début, Terry Fernandez, était parti pour suivre une formation de graphiste à l’ERACOM (école romande d’art et de communication) à Lausanne, formation qu’il a d’ailleurs terminée en 2007. Puis il s’est associé avec Olivier Weber et tous deux ont fondé La Chocolaterie à Lausanne où ils exercent leur métier de graphiste. Mais très tôt, à l’âge de 17 ans, il fait également la rencontre d’un imprimeuréditeur à la Chaux. Puis viendra la rencontre avec Raymond Meyer qui l’a véritablement initié aux différentes techniques de l’impressionen taille-douce. La passion pour cette technique a fait le reste du chemin et aujourd’hui, Terry Fernandez partage son travail entre le graphisme et cette façon d’imprimer ancestrale.

Techniques infinies
Le procédé de base est très simple. Il consiste à enduire un support préalablement gravé d’encre. De faire rentrer l’encre dans les moindres sillons puis de passer le tout sous une presse dont le cylindre pèse 500kg. Plusieurs techniques de gravure sont possibles. La méthode classique, en «grattant avec une pointe sèche ou un burin afin d’entailler le support. L’encre, à base d’huile de lin et de carbone, est ensuite étalée sur la plaque. Une longue opération d’essuyage s’ensuit, d’abord avec les doigts pour bien faire pénétrer l’encre dans les sillons, puis avec un tissu appelée la tarlatane. Le papier à imprimer est ensuite humidifié pour mieux s’imprégner et le tout est ensuite passé sous presse», explique Terry Fernandez. La gravure peut également se faire selon la technique dite «à l’eau forte». Dans ce cas, la plaque est d’abord enduite d’un vernis à la cire. Puis on viendra gratter cette couche de vernis. La plaque est trempée dans des bains d’acide. Les endroits où il n’y a plus de vernis seront attaqués par l’acide. On enlève ensuite le reste du vernis et on procède à l’impression. www.lachocolaterie.li

Texte et photos: Sandra Giampetruzzi

Date:19.10.2010
Parution: 536

intérêt grandissant

Terry Fernandez donne également des cours à la Maison Piscon de Blonay pour initier les gens à ces différentes techniques d’impression. «De plus en plus de personnes commencent à s’intéresser à cet univers et je donne également des cours dans des écoles ou alors les élèves viennent à mon atelier en course d’école. Je vais d’ailleurs devoir chercher un atelier un peu plus grand car l’intérêt devient grandissant», se réjouit le taille-doucier.

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