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Tamoil: "Quand l'économie prime sur la santé"

Collombey La raffinerie a repris ses activités vendredi matin, après avoir cessé de fonctionner quelques jours suite à la perquisition des juges. Accusés de «laxisme», les pouvoirs publics se renvoient la balle.

Tamoil:

«Une expédition de la sorte prouve bien qu’il n’y a pas de suivi de la part des services de l’environnement. Ces services n’ont jamais fait les relevés nécessaires», estime Pierre Chiffelle, ancien conseiller d’Etat vaudois et militant de la cause écologiste, au lendemain de la perquisition sur le site de la multinationale libyenne (voir no 471, www.leregional.ch).
Cette perquisition, sur les ordres des juges d’instruction cantonaux Jo Pitteloud (VS) et Jacques Antenen (VD), mettrait en lumière, selon une source proche du gouvernement valaisan, «un manque de volonté politique qui ne date pas d’hier». Cette source affirme en effet que le prédécesseur de Jacques Melly, Jean-Jacques Rey-Bellet, n’aurait pas pris les mesures nécessaires lors de son mandat, «malgré sa très bonne connaissance du dossier», concernant l’affaire Tamoil. «S’il avait fait quelque chose, on l’aurait su. Il aurait pu intervenir il y a bien longtemps, mais il a fait traîner le dossier Tamoil, car les facteurs économiques prédominent sur l’intérêt de la population face à la santé. Il aura fallu des plaintes pénales pour que les choses bougent enfin». 

Rey Bellet refuse de répondre
Contacté par Le Régional, Jean-Jacques Rey-Bellet, ancien conseiller d’Etat responsable des transports, de l’équipement et de l’environnement avant de quitter le gouvernement en avril dernier, a refusé de répondre aux questions sous prétexte qu’il n’était plus en charge du dossier. Quant à son successeur, Jacques Melly, il défend, bien naturellement, son prédécesseur. «L’accuser de n’avoir rien entrepris, est faux. Il n’y a qu’à voir les mesures d’assainissement qu’il a prises en 2006 et 2009». Jacques Melly, lui-même accusé de ne pas en avoir fait assez dans ce dossier, s’insurge et accuse les médias «de ne pas avoir fait leur travail». Le conseiller d’Etat estime par ailleurs que d’exiger une cessation d’activité de Tamoil «reviendrait à se tirer une balle dans le pied».

«Décision responsable…»
«On espérait que c’était une décision responsable en vue de la prise de mesures d’assainissement, mais avec la reprise des activités vendredi matin, je constate que ce n’est pas le cas», déplore Suzanne Jungclaus Delarze, présidente de Chablair, une association de lutte contre la pollution, qui avoue avoir poussé un «ouf» de soulagement lorsque la raffinerie avait cessé sa production mercredi. Un «ouf» de courte durée, puisque la raffinerie reprenait sa production deux jours plus tard. La présidente dit attendre un communiqué officiel de Tamoil sur sa politique de transparence, qui tarde à venir. «Il va falloir faire avec, à condition que la raffinerie respecte les normes en vigueur en Suisse», semble se résigner la présidente de Chablair. 

Murat Karaali

Date:30.05.2012
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