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Deux jours de fête aux couleurs du Valais

Bicentenaire Pour marquer les 200 ans de l'entrée du Canton dans la Confédération, Sion s'est animée les 7 et 8 août derniers. Entre tradition et modernité, officialités et festivités, le Valais a décliné toutes ses facettes, dans une ambiance vivante et pacifique.

Deux jours de fête aux couleurs du Valais

Valérie Passello

«Même s'ils ont été un peu forcés, heureusement que les Valaisans ont signé ce pacte en 1815, sinon on ne ferait pas la fête aujourd'hui!», plaisante un homme assis à la terrasse d'un bistrot sédunois. Comme lui, 80'000 personnes ont saisi l'opportunité de festoyer pour célébrer le bicentenaire de l'entrée du canton dans la Confédération le week-end passé. Où sont les indépendantistes valaisans? «Une minorité», nous répond-on. Qu'en est-il des dissensions entre le Haut-Valais, le Valais Central et le Bas-Valais? «Elles existent, mais on arrive à s'entendre. Seulement, tout le monde sait que le vrai Valais, c'est ici!», lance un habitant de Nendaz. L'heure n'est pas aux débats ou aux brouilles, même si l'on n'en pense pas moins: le mariage du canton avec la mère patrie passe avant tout. «Nous tenons au fédéralisme et à rappeler combien nous avons besoin de la Suisse et combien elle a besoin de nous», déclame Nicolas Voide, président du Grand Conseil, lors de la partie officielle.

Jusqu'aux confins du canton, personne n'a été oublié: des délégations de chaque commune et de chaque district ont été invitées. Des représentants de tous les cantons, des officiels, des sociétés, des entreprises. Et de Berne, le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann s'est fait une joie de répondre, lui aussi, à l'invitation. Au total, 1'500 invités ont défilé le vendredi 7 août de la gare de Sion jusqu'à la place de la Planta.

Des tonnes d'activités

Si le mercure a grimpé très haut, il n'a pas eu le monopole de la chaleur: l'esprit convivial et joyeux du programme concocté pour l'occasion a contribué aussi à rendre ces journées chaleureuses. Les visiteurs ont pu déambuler dans un marché typique de 1815 reconstitué dans les rues de la vieille ville, assister à des représentations de théâtre de rue, à des défilés de mode, voir des films sur écran géant ou encore suivre une démonstration de «live-painting» et profiter de visites guidées dans les musées (voir encadrés). La musique de tous styles, des tambours et fifres à la fanfare, en passant par le rock et l'accordéon, était présente à tous les coins de rue. Une variété à l'image de cet anniversaire depuis le début des préparatifs, souligne le président du comité de pilotage de l'année 2015, le Conseiller d'Etat Jean-Michel Cina: «Lorsque nous avons lancé un appel aux projets, nous avons reçu 269 réponses!».

Tournés vers l'avenir

«Aujourd'hui, nous célébrons l'avenir de notre canton, que nos ancêtres ont rendu possible», souligne le président du Gouvernement valaisan Jacques Melly. Les différents discours ont d'ailleurs porté davantage sur le futur que sur le passé. Enfin, plusieurs débats ont eu lieu dans la capitale: celui des Arsenaux a notamment réuni plusieurs politiciens autour du thème «Politique et institutions». Parmi ceux-ci, le Conseiller national Christophe Darbellay, candidat déclaré au Conseil d'Etat en 2017, et son homologue Stéphane Rossini, premier citoyen du pays, candidat encore officieux au Gouvernement valaisan. Deux hommes qui, eux aussi, comptent bien écrire quelques lignes des pages de l'histoire future du Valais. Si ces deux jours de festivités ont été le point d'orgue du bicentenaire, d'autres événements sont encore prévus jusqu'à la fin de l'année.

Date:12.08.2015
Parution: 766

Du vin, des montagnes...

Contacté par les organisateurs du bicentenaire, le peintre et graphiste Nicolas Constantin a passé 16 heures pendant les deux jours de festivités à peindre sous l'œil curieux et intéressé des passants. «Mon travail peut être qualifié de néo-pop art. J'ai fait un croquis avant de me lancer: j'ai simplement réfléchi aux images qui, pour moi, symbolisent le Valais». Résultat: sur un support réalisé avec d'anciennes palettes industrielles, l'artiste a représenté des montagnes, des feuilles de vigne, quelques étoiles, ainsi qu'une bouteille et un verre de vin. «La fresque appartiendra à la ville de Sion, mais je ne sais pas encore où elle sera exposée. Même si j'étais surpris de cette demande, j'ai accepté tout de suite. C'est un bon coup de pub pour moi, à condition de ne pas me louper!», sourit Nicolas Constantin.

Suisse et Valais: je t'aime... moi non plus!

Pour mieux comprendre le contexte historique de l'entrée du Valais dans la Confédération, la Médiathèque Valais, les Archives cantonales et les Musées cantonaux ont mis sur pied une exposition à voir aux Arsenaux de Sion jusqu'au 31 octobre prochain. Intitulée: «Passez à l'Acte! 1815, das Wallis und die Schweiz», elle présente le document original daté du 4 août (photo), où les députés valaisans Gaspar Eugène Stockalper et Michel Dufour ont posé leur griffe, faisant du Valais le 20e canton suisse. Mais ce n'est pas pour rien qu'aujourd'hui, le président du Conseil d'Etat Jacques Melly évoque un «mariage de raison». Stratégiquement, notamment en raison de ses cols alpins, il est intéressant pour les puissances alliées européennes, opposées à Napoléon, que le Valais fasse partie de la Confédération. La signature de l'acte ne se fait dès lors pas seulement par intérêt commun entre les deux parties, mais aussi sous une certaine pression extérieure.Une unité à construire...À cette période, les clivages entre le haut, le centre et le bas du canton ont la dent dure: il est déjà difficile de s'entendre au sein même du Valais. «Les dizains du haut (aujourd'hui districts) voulaient maintenir leurs privilèges: ils tenaient un discours ethnographique pour camoufler une oligarchie», analyse l'ethnologue Thomas Antonietti. Les dizains du bas, par contre, vont dès lors gagner en indépendance. Mais si l'harmonie n'est pas légion entre les différentes parties du Valais, on n'hésite pas à faire corps si nécessaire, apprend-on dans l'exposition. Dès le début du 19ème siècle, le Valais veille constamment à limiter l'ingérence de la Confédération, en invoquant le respect du fédéralisme, les valeurs conservatrices et l'attachement au catholicisme.

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