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Un objectif au cœur des barrages

Monthey Accueilli pendant trois mois au château, le photographe libanais Hasan Shaaban s'est penché sur le thème de l'eau et de l'énergie. Son travail sera présenté à la Grange à Vanay jusqu'au 7 mai.

Le photographe a été surpris de voir les ouvriers du barrage de la Grande Dixence se déplacer à vélo dans les innombrables galeries.H.Shaaban

Textes: Valérie Passello

«Pour moi jusqu'ici, les barrages n'étaient que d'énormes murs, je n'imaginais pas tout ce qui se passait à l'intérieur», témoigne Hasan Shaaban. Dans son pays, le Liban, seuls quelques barrages existent, exclusivement réservés à l'agriculture. En résidence à Monthey pendant trois mois via le programme SMArt (voir encadré), le photographe est allé visiter plusieurs barrages, comme la Grande Dixence, Emosson ou Moiry, découvrant également des usines de production électrique, notamment celle de Lavey.

Un univers nouveau pour lui, qu'il a immortalisé avec intérêt, afin de porter plus loin une réflexion sur l'utilisation de l'eau, productrice potentielle d'énergie: «Au Liban, il y a autant d'eau qu'en Suisse, nous avons des montagnes et quatre saisons, comme ici. D'ailleurs le Liban était autrefois surnommé la Suisse du Moyen-Orient. Mais lorsqu'il pleut, nous laissons l'eau repartir à la mer, nous n'en faisons rien. Pourtant, même si c'est compliqué, ce n'est pas impossible: il suffit de trouver l'argent pour construire les mêmes infrastructures qu'ici et produire de l'électricité. Pour la protection du climat aujourd'hui, on trouve des moyens».

Un rendez-vous manqué

Pendant tout son séjour, Hasan Shaaban a suivi la trace de l'eau, mais n'en a pas vu: les lacs étaient gelés en ce début d'année et la production d'électricité ralentie. Mais il le prend avec philosophie: «J'ai pu visiter des endroits où personne ne va d'habitude, car les exploitants profitent de cette période pour faire des réparations ou des contrôles sur les turbines. Cela m'a permis aussi de prendre le temps de photographier ces grosses structures sous différents angles. Et ce qui est intéressant, c'est que même absente, l'eau est l'élément principal: tout ce qui a été construit ne sert absolument à rien sans elle». Épaté par le gigantisme des installations, surpris de croiser des ouvriers à vélo dans le labyrinthe de galeries de la Grande Dixence, impressionné par la puissance de l'eau ressentie derrière les murs, Hasan Shaaban a sélectionné 33 clichés pour partager ses sensations avec le public, mais aussi pour ouvrir la discussion: «Le message est que nous pouvons apprendre à mieux gérer le climat, nous devons envisager des solutions», conclut-il.

Date:27.04.2017
Parution: 850

SMArt: l'art au service de la planète

Financé par la Direction suisse de la coopération et du développement en partenariat avec le canton du Valais et plusieurs acteurs culturels en Suisse et dans le monde, le programme SMArt est porté par la Fondation pour le développement durable des régions de montagne. Il vise à sensibiliser la population à des problématiques telles que le changement climatique, l'eau, la migration ou encore la sécurité alimentaire. Par leur travail, les artistes en résidence, venus du Sud ou de l'Est, reflètent leur perception des enjeux de leur région d'accueil. La population et les décideurs locaux sont ainsi confrontés à des regards neufs sur leurs réalités et s'imprègnent du débat. Une fois de retour chez eux, les artistes voient leur démarche et leur expérience mises en valeur en partenariat avec une organisation culturelle locale: le débat peut ainsi se poursuivre dans leur pays.

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