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Découverte d'une nécropole moyenâgeuse à Bex

Archéologie Plusieurs tombes ont été trouvées au sud de Bex. Leur analyse démontre qu'elles datent de la période du 5e au 7e siècle. La présence de ces vestiges aura un impact sur la construction de deux immeubles jumelés dans le périmètre concerné, dont la mise à l'enquête vient d'arriver à terme, mais ne devrait pas empêcher leur réalisation.

Squelette d'enfant inhumé dans un coffre en dalles typique du Haut Moyen Âge, retrouvé à Bex.Tera Sàrl, Sion

Valérie Passello

C'est en 2012 qu'une tranchée a été creusée sur les hauts de Bex, au lieu-dit «Tavalles» à la Servanne, en prévision du raccordement d'un futur quartier d'habitations. Sept tombes ont été révélées par cette opération: elles ne se trouvaient qu'à une cinquantaine de centimètres sous la surface du pâturage.

La découverte n'est pas très étonnante, dans la mesure où trois autres sépultures avaient déjà été inventoriées en 1974 dans le même secteur. Une «région archéologique» avait alors été créée: un périmètre protégé par l'article 67 de la loi sur la protection de la nature, des monuments et des sites, dans lequel des vestiges archéologiques se trouvent ou sont susceptibles de se trouver. Tous travaux affectant le sous-sol sont automatiquement soumis à l'autorisation de l'Archéologie cantonale, car ils peuvent menacer ces vestiges. Cela dit, ce classement n'empêche pas la construction de nouveaux bâtiments, qui peut être poursuivie, si le service cantonal concerné donne son feu vert.

«Fouilles préventives» en vue

Or, un promoteur souhaite construire deux immeubles jumelés au chemin de la Croisette, toujours dans le même périmètre. «Une première mise à l'enquête de ces constructions a nécessité le préavis de l'Archéologie cantonale, demandant des sondages exploratoires. C'est dans ce contexte que d'autres tombes ont été détectées, mais pas fouillées», précise Catherine May-Castella, archéologue au SIPAL (Service Immeubles, Patrimoine et Logistique). Une seconde mise à l'enquête, échue le 19 mai, est en traitement à la centrale des autorisations de construire. Dans ce cadre, «le SIPAL exige la réalisation de fouilles préventives pour documenter l'ensemble des vestiges, comme pour n'importe quel chantier, à la charge du propriétaire, qui peut être subventionné par l'Etat», ajoute l'archéologue.

La question de la valorisation

Une trentaine de riverains se sont unis pour faire opposition au projet de construction, mais pour des motifs sécuritaires, techniques et pratiques, sans lien avec la présence de la nécropole. Par contre, ils déplorent que les tombes soient rebouchées, sans que ce patrimoine soit mis en valeur.

Mais une valorisation reste réservée à des découvertes exceptionnelles, car elle entraîne l'abandon des éventuels projets de construction, ce qui a de lourdes conséquences. Le dernier cas en date dans le canton de Vaud est celui de la mise en valeur de l'amphithéâtre de Nyon. Concernant les sépultures, il arrive que des tombes soient prélevées puis reconstituées dans des musées. «Les fouilles archéologiques sont, dans l'écrasante majorité des cas, des fouilles de sauvetage, déterminées par un projet de construction moderne», indique Catherine May-Castella.

Date:25.05.2017
Parution: 854

Une période obscure

Le type de tombes découvertes à Bex, composées de coffres en dalles, permet de les situer dans la période du Haut Moyen Âge, entre le 5e et le 7e siècle. Une estimation confirmée grâce à une datation au carbone 14. D'après une chronique de la revue «Archéologie vaudoise», ces tombes feraient partie d'un cimetière qui s'étend probablement vers le sud et l'est, sous la surface du plateau.

Mais que nous racontent ces sépultures sur nos ancêtres? Réponse de Catherine May-Castella: «Dans le Chablais, les siècles qui ont suivi l'époque romaine sont encore largement méconnus. La présence de cette nécropole permet de supposer une église paroissiale proche, non localisée à ce jour». Les analyses effectuées donnent un éclairage sur la vie de la communauté d'alors, son état général de santé et ses coutumes funéraires. Quelques autres nécropoles du Haut Moyen Âge sont connues dans le canton, aux Désertes à Pully, à la Tour-de-Peilz et au Clos d'Aubonne. «Ces cimetières sont les seuls témoins de l'occupation du territoire à cette période, pour laquelle on ne connaît pas encore d'habitats», précise-t-elle.

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